‹ Histoire des doctrines économiquesChapitre 83 sur 90 · L. Blanc, Questions iV aujourd'hui et de demain. Vol. IV · texte numérisé non relu

L. Blanc, Questions iV aujourd'hui et de demain. Vol. IV

et V. Paris, 1873-1884.

Cfr. Ch. Robin, L. Blanc, sa vie et ses œuvres, 1851. Hipp. Castille, L. Blanc, 1858.

Ferdinand Lassalle (1825-1864), malgré son puissant génie, sa profonde culture philosophique et juridique et une connaissance plus que suffisante de Téconomie poHtique, n'occupe pas parmi les théoriciens socialistes une place égale à celle qu'il occupe dans l'histoire du socialisme militant. Aristocrate par nature, démagogue par ambition, et très habile connaisseur des passions populaires^ Lassalle, quelque peu incertain et exagéré dans ses aspirations définitives autant que modéré et précis par opportunisme et prudent dans ses revendications présentes, de plus, écrivain brillant et orateur éloquent, doué de sympathiques qualités personnelles, possédait la vertu et les vices indispensables pour créer et diriger une formidable agitation révolutionnaire. Au point de vue théorique, ses doctrines n'ont aucune originalité, parce qu'il s'approprie les prémisses de Rodbertus et de Marx et qu'il reproduit, avec des variations sans importance, les propositions de Louis Blanc. Pour émanciper les ouvriers allemands de la loi d'airain des salaires (attribuée à Ricardo) et pour leur garantir le produit intégral du travail, confisqué par l'entrepreneur capitaliste, Lassalle conseille aux ouvriers de constituer un parti solide, qui, après avoir conquis, par le suffrage universel direct, une forte prépondérance politique, fera décréter par le gouvernement je prêt gratuit d'une centaine de millions de thalers à de nombreuses sociétés coopératives ouvrières, constituées en fédération, qui, en possession des instruments de production, remplaceront graduellement les entreprises actuelles. Ce qu'il y a de caractéristique dans les écrits de Lassalle, c'est la guerre sans merci qu'il a faite à Schulze-Delitsch. Lassalle l'attaque dans une polémique injurieuse et triviale, et l'accable de son érudition, qui n'est pas, comme il l'affirme avec orgueil, toute la science du dix-neuvième siècle, mais qui est

eependant de beaucoup supérieure aux moyens intellectuels dont pouvait disposer son adversaire.

Ferd. Lassalle, Systo» der envorbenen Rechte, 1861.- 2" édit., 1880. — 0/f'enes Antwortsclireiben, etc., 1863. — Die indirekte Sieuer und die Loge der arbeiienden Klassen, 1863. — lierr Basliat-Schnlze von Deliizsch, der ôkonomische Ju'ian,oder Kapilal und, Arbeil, 1864; trad. franc, par B. Malon, 1880.

Cfr. E. von Plener, Ferdinand Lassalle. Leipzig, 1884. — W. H. Dawson, German socialism ani Ferd. Lassalle. London, 1888-2^ édit., 1891.— G. Brandes, Ferd. Lassalle, Berlm, 1865.-2« édit., Leipzig, 1889.

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