PENDUS
» Leurs biens, là où les lois du pays le permettent, seront confisqués. Si, au contraire, ik abjurent leurs erreurs, ils seront quittes pour la décollation, et leurs héritiers naturels seront mis
en possession de leurs biens. »
• Hoppcr, S 94.
Celte législation était odieuse. -
La fidélité àt% habitans répondit à la modération du pouvoir. Se glorifiant du nom de Gueux que leur avait jeté le dédain de la cour, et qui offrait toute Tamertume d^une insulte à venger, les rebelles se constituèrent en fédération, rappelèrent les ftigitifs parles nouvelles les plus mensongères, s^attachèrent les Calvinistes des provinces méridimales, les Luthériens des contrées du Rhin et les Anabaptistes delà Frise, et favorisèrent les assemblées les plus tumultueuses, les prédications les plus fanatiques. Bientôt le désordre fut général dans le pays*
Alors la régente eut la singulière naïveté de rappeler aux conjurés la promesse qu^ils lui avaient faite de maintenir le calme. Dans cette démarche, qui indiquai! toute sa faiblesse, ils virent le droit de tout oser. Ils s^assemblèrent au nombre de deux mille, et au lieu de délibérer sérieusemeul sur la demande de la régente,* ils lui adressèrent leurs doléances, en se constituant- les juges du pouvoir et les arbitres du pays.
Déjà ils se posaient, en effet, comme une sorte de gouvernement républicain en face- du gouvernement royal. ' •
« Nous sommes reconnaissans , dirent-ils, de ce qu^a fait la régente pour notre requête, et nous n^avoDS à nous plaindre de^is cette époque
d^aucune mesure (ilcheuse; cependant puisque chaque jour encore dous apprenons qu''on traine nos concitoyens devant les tribnnaoz et à la mort POUR CAUSE de doctkiîvks, nous avons lieu de croire que les juges ne tiennent pas compie des ordres qu^on leur a transmis.
» Tout ce que la fédération a promis de soa côté, elle Ta tenu fidèlement. JSile a empêché les prédications tant quMl a été en son pouroir.
Mais le roi tardait à répondre et la réunion des État»-6^raux étmt refusée, il n^est pas étonnant qu^on fasse entendre de nouvelles réclamations.
» Au surplus, la fédération ne s^alliera jamais avec les ennemis du pays, et si des armes françaises s'y laissaient aperoeroir % nous serions les premiers à monter à cheval pour les repousser.
1» M^is d^un autre ùùl^ nous serons sincsères avec la régnnte. N<ius la Toyons accorder sa confiance à nos enx^ûfah, nou$.la voyons remplie de défioance à noire égards soupçon ii)a9.nous inspirons ne doit-il pas exciter le nôtre ? iTest-ce pas noi|s quW menace de Tarrivée de Sa Majesté»..? N^est-<e pas coiUre nous qun sont dirigés les apmemens du duc de Savoie et les uégociations qui
* On reprochait aux Gueux d'enlretcair des inteiligcnces avec les Galvimstfis cie francC
oui pour bot de flaire passer une armée sur le
territoire de France? Ces préparatifs ne nous forcent-ils pas à songer de notre côté au moyen de nons défendre et de nons fortifier par des al-
LIANCBS AVEC NOS AMIS DE L^KTRANGER ?
» Le roi est bon, nous espérons qu^il est juste;
il ne peut donc pas être question de pardon ; ce n^^est pas non plus Toubli du passé que nous demandons* car nons loi avons rendu des senrices qui ne sont pas des moindres.
» U est yrai qu^il s^est trouvé à notre réunion des délégués de la Réforme. Il y a plus, dans une requête qu^ils nous ont présentée ils se sont engagés à dépoAT les armes, à condition que nous leur garantissions leur sécurité et la convocation des étata- généraux; et nous avons cru devoir