‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 10 sur 1102 · Justin, iiid. ; Diaîog. c. Tryph., LXX · texte numérisé non relu

Justin, iiid. ; Diaîog. c. Tryph., LXX

grandes écoles pythagoricienne, platonicienne, aristotélicienne, épicuTÎenne, stoïcienne comptait encore des représentants, mais qui se caractérisaient plutôt par ce qui restait dominant dans leur système que par ce qu'iî s'y trouvait d'exclusif. Des rapprochements et des concessions de plus en plus fréquents tendaient à effacer les divergences et à fondre en une les diverses théories de Dieu et du monde. L'Académie s'était déjà, avec Arcésilas [f 240 av. 5.-C.), alliée au Pyrrhonisme : elle persévéra dans sa philosophie du vraisemblable avec Garnéade (f 129 av. 3.-C.), Philon de Larisse [•\- vers 80 av. J.-C.) le maître de Cicéron, Antîochus d'Ascalon (-f- 68 av. J.-C.) et Cicéron lui-même (-f- 43 av. J,- C). Mais elle s'allia surtout au stoïcisme. La métaphysique stoïcienne était fort simple. Il n'y a point d'esprit pur : tout est corps plus ou moins grossier. L'esprit, corps plus ténu, n'est autre que Dieu, qui, comme un feu subtil, un éther éternel, une force immanente et cachée répandue dans le monde, le pénètrCj le meut, le gouverne, est son âme. De Dieu est sortie la matière, qui, après lui avoir servi de vêtement, doit de nouveau s'y absorber un jour. De lui aussi sortent toutes les forces de la nature, l'esprit même de l'homme ^ Il est dans le monde le principe et la source dé toute activité et de toute énergie, non parce qu'illa donne ou la crée du dehors^ mais parce qu'elle est luimême, ou émane, au sens strict, de lui. Il est donc, par excellence, le.XoY^'? <r-rc£p(Aaxiy.o(;, la raison séminale de l'univers. Cet univers, ille gouverne par des lois îm'muables, ses propres lois à lui, car il s'identifie aveu le Destin et Tordre fa:tal du monde ; raisonnable d^ ailleurs, parfait, exempt de tout mal, père de toutes

111, 1, p. 136, noie 3.

24 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.

choses ^. Rien ne semblait, de prime abord, plus éloigné que ce panthéisme matérialiste et que ce concept d'un Dieu immanent, de l'idée transcendante que Platon s'était faite de Dieu, et de l'opposition qu'il avait mise entre Dieu et la nature, surtout entre la matière et Dieu. Mais il y avait, dans Platon, un élément de conciliation. 11 admettait une àme du monde, d'où étaient sorties les âmes des astres, lesquelles, en se divisant, avaient formé à leur tour les âmes des hommes et des animaux ^. Dans cette âme était inséré le vouç divin, l'Intelligence, inférieure à l'idée du Bien qu'était Dieu lui-même, mais supérieure à l'âme ^. Or nous voyons déjà que le neveu de Platon, Speusippe, identifiait l'Intelligence divine avec l'âme du monde, tandis que certains stoïciens, comme Boethus (vers 150 av. J.-C), regardaient Dieu non plus comme immanent, mais comme extérieur au monde qu'il régit ^. — D'autre part, on trouve des péripatéticiens du i^' siècle avant J.-C, comme l'auteur du Ilepl xocjjiou, qui distinguent de Dieu sa puissance (Suvaixtç), et nous représentent celle-ci comme pénétrant le monde, à la manière dont Dieu, suivant les stoïciens, le pénètre et l'anime ^. Même tendance syncrétiste du côté des pythagoriciens. La vérité est que la philosophie se désintéressait de plus en plus de la spéculation pure, pour porter sur la morale tout son effort. Le contact qu'elle prit avec l'esprit occidental et romain ne pouvait que la confirmer dans cette orientation.

Là, sur le terrain pratique, il est juste de dire que tous les systèmes se rencontraient, même ceux qui, comme le stoïcisme et l'épicurisme, paraissaient les

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