‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 11 sur 1102 · Zeller, op. cit., W, 1, p. SS · texte numérisé non relu

Zeller, op. cit., W, 1, p. SS

«. Zeujcr, op. cit., ni, 1, p.6i0.

plus opposés. Mais c'est le stoïcisme évidemment qui donna le ton, et dont s'inspirèrent même ceux que leurs idées en métaphysique devaient en éloigner. Lucrèce (98-54 av. J.-C.) nous propose des leçons de vertu qu'assurément on n'aurait point attendues de lui. Cicéron, dont les préférences sont évidemment pour le platonisme, expose cependant plutôt la morale de Zenon et du Portique. Nous la retrouvons plus complète et plus pure, bien qu'un peu adoucie, dans Sénèque (3 av. J.-C. — 65 ap. J.-C), le meilleur sans doute des philosophes que Rome ait produits ; rude et âpre dans Épictète (40?-117? ap. J.-C), méditative et repliée sur elle-même dans Marc-Aurèle (121-180)./

Cette morale, quand elle nous parle de nos devoirs envers Dieu, emploie du reste un langage bien différent de celui du stoïcisme spéculatif. Ici Dieu est la force divine animant le monde, le monde lui-même, la Nature, le Destin, la Fortune. Quand viennent les préceptes moraux, ce Dieu prend vie, se personnifie, devient juge, providence et père : Prope est a te Deus, tecum est, intiis est... Sacer intra nos spîritus sedet malorum bonorumque nostrovum ohservator et custos... ipse nos tractât ^. — Deus ad homines venit, iimno quod est propius, in homines venit; nulla sine Dec mens bona est ^. — More optimorum parentum qui maledictis suorum infantium adrident, non cessant di bénéficia congerere... unam potentiam sortiti, prodesse ^. La première de toutes les vertus est donc de se livrer à Dieu, d'accepter sans murmurer sa volonté, car c'est un ami, un père qui nous aime d'un amour fort. Il nous faut l'aimer nous aussi et lui être reconnaissant de ses bienfaits. Ce n'est pas assez :

Page 1