‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 100 sur 1102 · Strom., Il, 6, col · texte numérisé non relu

Strom., Il, 6, col

6. Strom., II, 6, col. 961 ; II, 12, col. 992 ; V, 1, col. 2i ; VI, 14 ,col. 329; Paed., l, 6, col. 283.

CLÉMENT D'ALEXANDRIE ET ORiGÈiSE. 291

Nous touchons ici à l'un des points les plus importants de la doctrine de Clément d'Alexandrie. Nul doute qu'il n'ait divisé les chrétiens en deux catégories, ceux qui se contentent de la foi commune (xoivi^ Trt'ffTtç) ? et ceux qui s'élèvent jusqu'à la gnose ; mais il a d'ail- 1 leurs expressément condamné l'erreur qui regarderait cette division comme la conséquence d'une différence de nature entre les hommes*. Loin de s'exclure, ces deux états sont au contraire intimement joints. La > gnose suppose la foi, et la foi contient en germe la 1 gnose, puisqu'elle en est le fondement, et que la vie de charité, qui est celle du gnostique, n'est que le développement de la vie de foi qui est celle du simple croyant ^.

Qu'est-ce donc au juste que le gnostique chrétien? Clément en a tracé en plusieurs endroits, notamment au Stromate vii^ (10-14), un portrait idéal où il est aisé de relever deux traits principaux. D'abord le gnostique a une connaissance et comme une intuition des vérités que la foi nous fait admettre sans nous en révéler le contenu : il a l'intelligence [ima-z-^u.-/]) de Dieu et à.es choses / divines en général, de l'homme, de sa nature, de la vertu, du souverain bien, de l'univers et de son origine : les (? grands mystères », dont les petits ne sont qu'une préparation, lui sont révélés ^. Puis, le gnostique mène une vie parfaite, caractérisée par la pra- / tique de deux vertus, l'une stoïcienne, l'autre chrétienne. La première est l'insensibilité (dTra&sia) : le

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