Paed.y 1, 6, col
2. Paed., I, 6, -col. 280 suîv. « Ne l'oublions jamais, pour Clément, cette superstructure exégétique a pour base la foi contenue dans fa tradition ecclésiastique. L'enseignement du Ciirist est vraiment l'unique et nécessaire fondement, et il n'y a de gnose recerable que celle que Clément appelle èxxXYiata'jTixri yvôctç » (Batiffol, L'Égl. naiss., p. 311).
3. Strom., V, H, col. 108; VI, 8, col. 289; VI, 10, col. 300; VII, 8, col. 421.
292 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.
gnostique a déraciné en lui toute passion, tout désir, tout le sensible de sa nature : aussi n'a-t-il que faire des vertus inférieures nécessaires pour la lutte; il est inébranlable aux événements et inaccessible aux émotions : c'est le philosophe idéal du Portique^. La seconde vertu est la charité {àfâizri) : elle est comme le principe qui dirige et féconde toute la vie du gnostique. La charité le fait souffrir pour l'Eglise et travailler à la conversion des âmes ; lui fait aimer ses ennemis, pardonner les injures et endurer le martyre. Le gnostique prie sans cesse et partout, et sa prière est parfaite, soumise qu'elle est toujours à la volonté de Dieu 2.
En somme, dans la foi et la gnose, comme il est aisé de s'en rendre compte. Clément a simplement marqué les deux degrés de la vie chrétienne, celui de la vie commune, et celui de la perfection. Son originalité a consisté, d'une part, à introduire dans l'idée de la perfection Télément intellectuel et platonicien de la connaissance, — le gnostique est parfait en doctrine et en conduite, — et, de l'autre, à introduire dans son élément moral la pratique de la vertu stoïcienne de l'apathie. On saisit ici sur le fait les deux influences, philosophique et chrétienne, qui se sont exercées sur son esprit, et qui se sont traduites dans son enseignement.
Ainsi attiré vers les problèmes de la vie intérieure, intellectuelle et morale des chrétiens. Clément s'est relativement moins occupé du côté extérieur de l'Église, de son organisation hiérarchique et de ses rites, beaucoup plus cependant qu'on ne l'a dit quelquefois. Il a surtout fortement opposé l'Eglise, la plus
i. Slrom., VI, 9, coL 292 suiv.
2. Strotn., I, 2, col. 709; IV, 4, col. 122>, 1228; IV, 9, COl. i28i, 1283 ; Vïl, i, col. 405; VU, 7, col. 449, 456; VII, 9, Col. 477; VII, 12, col. 496 501.
ancienne Église, l'Église fondée par les apôtres, aux schismes et aux hérésies qui déchirent son unité et troublent sa foi^. Ces hérésies enseignent autre chose que n'ont enseigné nos pères ; mais « nous devenons parfaits (dans la connaissance) quand nous sommes l'Église, avec le Christ pour chef ^ ». Les païens sont dans l'ignorance, ceux qui suivent les hérésies sont dans l'opinion (otT^aEi), l'Église la véridique est dans la science (Itukttviixyi) 3. Et c'est pourquoi, tandis que les hérésies ont erré, c'est « dans la vérité unique et dans la vieille Église qu'est la gnose la plus exacte et l'hérésie réellement la meilleure ■* ». Hors de cette Église il n'y a ni baptême légitime, ni martyre profitable, ni salut possible ^. D'autre part. Clément partage nettement les fidèles de l'Église en clercs et laïcs, et parmi les premiers distingue les évêques, les prêtres et les diacres ^. Le Quis dives saluetur fournit même, en faveur de la primauté de saint Pierre, un texte classique : cet apôtre est « l'élu, le choisi, le premier des disciples (ô TrpwToç twv [jr.aO-/iTwv) pour qui seul, avec luimême, le Sauveur a payé le tribut ' ».
Le baptême est une nouvelle naissance (àvaY£vv/]aii;), nous fait enfants de Dieu, parfaits, immortels : c'est un sceau (fftppaYÎç), une illumination ((pt6Ti(T(ji.a) , un bain (XouTpov) qui efface les péchés et les peines qui leur sont dues^.
L'eucharistie suit le baptême. Clément a été présenté,