‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 1060 sur 1102 · Col · texte numérisé non relu

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S08 mSTOIRE DES DOGMES.

lés àv-ctTuirsi du Gorps et du sang da Sauveur, cela doit s'entendre du pain et du vin avant la consécration ; et si parfois on dit des saints mystères qu'ils sont les antitypes des choses futures {àvxlwmi tSv |«XXovtwv), «ela signifie que par eux nous devenons participants de la divinité de Jésus-Christ, divinité à laquelle nous participerons plus tard par la seule intelligence et contemplation {vo»itS<, Stà (xovtjç t^ç 6éaç) ^ .

Comment doit-on concevoir que le pain et le vin deviennent, dans l'eucharistie, le corps et le sang de Jésus-Christ? En deux passages, notre auteur présente ce mystère comme le résultat d'une sorte d'impanation, d'une simple union de la divinité du Verbe avec le pain et le vin. De même que Dieu unit sa grâce à l'eau et à l'huile du baptême, aussi dans l'eucharistie il a joint (coviÇeuÇev) aux éléments sa divinité, pour les faire son corps et son sang. De même que le charbon est du bois uni àdu feu, « de même le pain de4a communion n'est pas simplement du pain, mais [du pain] uni à la divinité » (jjvwfx^voçôeÔTyiTtj^. Mais ce n'est point là la vraie pensée de saint Jean : cette pensée il l'éiionce et là précise aussitôt. Il faut d'abord poser en principe que le corps eucharistique de Jésus-Christ est son corps historique, le corps pris de la Vierge. D'autre part, ce corps ne vient point dans les saints mystères par adduction, comme si le corps, qui est monté au ciel, en descendait ; mais il y est produit par conversion : « le pain même et le vin sont convertis (paT«7rotoovTai) au corps et au sang de Dieu ». Une comparaison peut éclairer ceci. De même que, dans les repas ordinaires, le pain et le vin sont changés en notre corps, et en ce corps même qui était le nôtre avant démanger, « ainsi le pain et le vin mêlé d'eau de la prothèse sont par l'invocation et

i. Col. usa, 1153.

s. Col. 1141,1144,11».

la venue de rEsprît-Saint, sarnatareUement convertis ((jtexaitoioôvTai) ail corps et au sang du GhEÎst, de sorte qu'il n'y à pas deux corps [différents], mais un seul, et celui même du Christ * ».

Comment cela se peut-il faire? Inutile d'en chercher d'autre explication que la puissance de Dieu, la puis» sance du Saint-Esprit qui agit en ce mystère. Dieu a tout créé par sa seule parole; le Verbe s'est incamé par sa seule volonté : il a dit de même : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang, faites ceci en mémoire de moi », et cdla est comme il l'a dit et parce qu'il l'a dit. Le Saint-Esprit par qui Dieu a tout fait, et qui a donné à Marie sa fécondité, devient, par l'épiclèse, « la pluie [qui fait lever] cette nouvelle moisson ^ ». =

On a pu remarquer que saint Jean Damascène attri» hue nettement lacoaversion deséléments eucharistiques au Saint-Esprit invoqué au moment de l'épiclèse, à l'exclusion même des paroles de l'institution. C'est, comme on l'a remarqué ^, une conséquence de l'erreur qu'il a commiseau sujet du mot âvrituica. Le Damascèn& ne veut pas que, dans les auteurs anciens, ce mot désigne les éléments consacrés, mais seulement le pain et le vin dans leur état naturel. Comme, d'autre part,. ce mot est précisément employé dans la liturgie de saint Basile après les paroles de l'institution, mais avant l'épiclèse, pour désigner les ohlata, il en a conclu qu'à ce moment la consécration n'est pas encore faite, et qu'elle né se fera que par l'épiclèse. Nouvelle erreur,, plus grave que la première, et dans laquelle il a fixé la théologie grecque.

La chair eucharistique dé Jésus- Christ étant son vrar corps est conséquemment une chair vivifiante, biea

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