P.L., CV
». EGiNUARO Annales, ïiCCClX {P. L.,CIV, 472); Mansi, XIV, 47 et suiv.)*
A la suite du concile en effet, Charles envoya au pape une ambassade comprenant l'évêque de Worms, Bernhard, Adélard abbé de Corbîe et Smaragde abbé de Saint-i-Mibiel, et qui lui portait, avec les actes du synode, un écrit de Smaragde en faveur de la doctrine du Filioque*. Les envoyés devaient, solliciter du pape l'autorisation formelle de chanter le symbole de Constantinople avec l'addition incriminée par les Grecs. Une relation de l'entrevue de Léon Ilf et des ambassadeurs a été conservée par Smaragde 2. Le pape approuva complètement la doctrine de la procession du Saint-Esprit o Filio ; mais il fut inflexible sur l'addition àvL Filioque au symbole et le chant du symbole avec cette addition. Il n'aurait pas approuvé ces innovations, dit-il, si on l'eût consulté d'avance; mais, puisque le mal était fait, il n'y voyait qu'un remède : c'était de laisser la chose tomber dans l'oubli en cessant complètement de chanter le symbole dans la chapelle impériale, puisque aussi bien on ne le chantait pas à Rome.
Cette solution ne pouvait satisfaire l'empereur. Il n'en tint aucun compte, et, sous son règne et celui de ses successeurs, non seulement le chant du symbole avec l'addition fut continué dans la chapelle du palais, mais il se répandit peu à peu dans les Églises de France et d'Allemagne. On en a pour témoins Walafrid Strabon (-f- 849) ^ et Enée de Paris, qui écrivait entre 867 et 870*.
Le pape n'eut d'autre ressource que de protester. Léon III le fit d'une façon originale, en ordonnant de suspendre à la confession de saint Pierre deux écus
1. Q'jeU VEpiitula Caroli magni ad Leonem III papam a Zmaragdo abbate édita (P. L., XCVIII, 923 et sùiv. ; Mansi, XIV, 23 et suiv.).