Epist., LXXni
a. De beneficiis, YII, 31, 4.
26 LA THiaiJOGîl AWTBNICÉENNB.
il nous faut le prier, car il entend nos supplîcatlon&,. et est sensible à nos misères. Ce sont les paroles et le& conseils de Sénèque, *ce qui ne l'eTapêGhe pas, quand la théorie reprend le dessus, d'égaler son sage idéal à Dieu, de le déciarermême, par certai»s côtés, supérieur à Dieu ■* , d'assurer qu'il n'a rien à demander à Dieu, ni rien à en craindre.
En même temps cependant, Sénêque recommande vis-à-vis de soi-miême une austérité discrète qui, sans avoir rien de singulier à l'extérieur, conserve à Tâme sa vigueur et son énergie. On usera modérément des richesses; on fera des abstinences volontaires, afin de tenir le corps asservi ; on méprisera les honneurs et les -dignités comme des choses qui ne nous rendent pas meilleurs ; on réprimera les mouvements trop vifs des passions. 11 est cependant des émotions que Ton ne saurait ne pas éprouver et qu'il faut permettre, la douleur et les larmes, par exemple, en présence d'un grand deuil. Mais qu'on se souvienne bien que le corps est la prison de l'âme, quMl l'appesantit et la contraint, qu'elle doit, par conséquent, continuellement combattre ses appétits, et même être capable de se défaire de lui, si elle le juge nécessaire.
Mais ce qu'il y a de pins frappant pent-être dans cette nouvelle morede, c'est l'idée de la fraternité universelle proclamée entre les hommes et celle d'un amour, on peut même dire d'une charité, qui doit les atteindre tous. On sent ici que des barrières sont en train de tomber, dont la chute modifiera peu à peu la nature des rapports entre les hommes. Non seulement Sénèque demande que Ton soit lii^ral et hienfaisant, que l'on nourrisse l'affamé, que l'on secoure l'égaré ou l'indigent, que l'on rachète l'esclave, et que l'on donne