De princip., I, 2, 10; cf. III, S
3. De princip., I, 6, Il ; II, 2, i, 2; IV, 33, traduct. de S. Jérôme.
Ces esprits ont tous été créés égaux en facultés et en dons, toutefois ils ont été créés libres. Nous touchons ici à l'une des conceptions les plus hardies d'Origène.
Il avait été frappé de la diversité des conditions physiques et morales, des aptitudes et des qualités que nous remarquons dans le monde ; mais au lieu d'en appeler, pour l'expliquer, à la libre volonté de Dieu, il en demande l'explication à la liberté créée. Tous les esprits avaient été créés égaux, mais, libres, ils n'ont pas tous été également fidèles à Dieu, et de là sont nées les différences que nous constatons entre les êtres intelligents. C'est leur chute, leur xaTaSoV/î, qui est proprement la source de l'état actuel de l'univers ^ Car, de ces esprits, les uns sont devenus les anges, les vertus célestes avec leur hiérarchie, leurs degrés et leurs fonctions proportionnés à leur mérite ; les autres, se revêtant de matière lumineuse, sont devenus le soleil, la lune et les étoiles ; d'autres encore, refroidis par leur éloignement de Dieu, sont devenus les âmes des hommes {^^yri, de 4"JX,"' refroidi?') ; d'autres enfin sont devenus les démons avec leur corps plus subtil que celui des hommes, plus lourd que celui des anges 2, Mais, de même que le jeu de la liberté a modifié le plan divin primitif et créé l'ordre actuel, aussi est-il capable de changer derechef et indéfiniment cet ordre. Les esprits peuvent, en faisant le bien ou le mal, s'élever ou descendre dans l'échelle des êtres, les âmes reconquérir par leur vertu l'état d'esprits qu'elles ont perdu, et d'une manière générale, un nouveau monde peut commencer après la consommation de celui-ci^.
i. De princip., I, 9, 6 ; lï, 9, S, 6; lU, o, i.
2. De princip., ï, 8, 1, 2, 4; II, 8, 3 (trad. de S. Jé.rô.'ïîe) ; n, i, l-i; I, Praef , 8; ni, 3, 4; C. Cels., I, 3-2, S3; In loann., l, 17.
3. De princip., lî, 8, 3; UI, C, 3 (trad. de S. Jérôme); cf. C. Ce?s., IV,
312 LA THEOLOGIE ANTENICÉENNE.
Le mal a donc été introduit dans le monde par la liberté créée; et bien que la présence de ce mal ne brise pas l'harmonie du cosmos et ne soit pas un argument contre la bonté de Dieu qui en sait tirer le bien, le mal existe ^ Un péché ou même des péchés ont été commis par les esprits et les âmes humaines avant l'ordre actuel des choses. Est-ce là le péché originel? Nous allons voir qu'Origène le met probablement ailleurs; mais remarquons, en attendant, qu'il est très afïirmatif sur le fait que tous les hommes sont pécheurs, même l'enfant d'un jour. 11 invoque le texte de Job, xiv, 4, 5, d'après les Septante : Ti'ç Y^cp xaOapoçIffTat aizo ^utto'j, àXX' ouâeiç, làv )ta\ (Aia rifjspa ô pCoç auToû Itci TTfi Y^'îj 6t explique par là le baptême des enfants « pro remissione peccatorum », « secundum ccclesiae observantiam ^ ». S'agit-il maintenant de dire en quoi consiste cette tare et quelle en est l'origine, ses hésitations commencent. Dans son commentaire sur l'épître aux Romains (v, 9), Origène semble faire consister le péché originel dans la faute que les âmes ont commise avant leur descente sur la terre, alors qu'elles étaient esprits; mais ailleurs et plus communément il incline vers une autre hypothèse. 11 remarque que le mot ^uvro; du Livre de Job désigne non pas un péché proprement dit, mais généralement une souillure : « neque enim id ipsum significant sordes atque peccata^ », Or il est certain que toute âme, par le fait seul qu'elle s'unit à un corps, et
69. Toute cette théorie d'Origène sur les âmes et leur cliute est une de ses erreurs qu'il est impossible de pallier. Il faut seulement remarquer qu'il ne la présente pas comme un dogme arrêté, mais comme un essai d'explication que les théologiens peuvent discuter. i. De princip.,ll, 9, 6; C. Cels., IV, 70, 5i; In Numéros, hom. XIV, 2.
2. In Matth., X, 23; In Levit., VllI, 3 (Loin., IX, 318; P. G., XII, 490): Li cpisl. ad Rom., V, 9 (Lom., VI, 397; P. G., XIV, 1043, 1044); /nZ.»cam, hom. XIV (Lom., V, 135; P. G., XIII, 183-4).