‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 128 sur 1102 · De princip., II, H · texte numérisé non relu

De princip., II, H

LA THCOLOGIR ANTÉMCÉENNB, — T.. I. 19

326 LA THEOLOGIE AiSTÉNICÉENNE.

Origène condamne le miUénarism« et repousse la métempsychose ' . En \in passage du De principiis, semble mettre en doute si les élus auront un corps au cieP. Mais ailleurs et habituellement, il enseigne, et très fermement, la résurrection de la cbair^. Dans le nouveau corps, la matière première sera sans doute différente de celle de l'ancien, Car dans le corps cette matière se renouvelle sans cesse. Mais, de même que, pendant la vie, le corps de Pierre reste individuellement le même, encore que les éléments en soient changés, parce que la forme corporelle qui le caractérise persiste à travers ces changements*, de même, à la résurrection, cette même forme corporelle qui informait l'ancienne matière, étant reprise par l'âme et informant la nouvelle matière, le corps ressuscité sera individuellement le même que l'ancien. Le principe individuant en effet est la forme corporelle, to slSoç to ffw{y.aTiKov. Elle peut se comparer à la virtualité séminale qui asservit les molécules et se crée un organisme déterminé : et c'est par elle qu'est maintenue l'identité du corps ressuscité. Cette identité n'exclut pas d'ailleurs une différence dans les propriétés accidentelles du corps avant et après la résurrection. Le corps ressuscité des justes sera changé en mieux (Itti to xpstTTov {A£T«êcc?vXov), ct sera doué de qualités qui varieront suivant les mérites de chacun^.

1. Deprincip., il, 11, 2, 3; C. Gels., Vin, 30 ; In Rom., V, 1, Lom., YI, 336; P. G., XIV, 1010.

2. Deprincip., 111,6, 1, trad. de saint Jérôme ; cf. Il, 3, 7; et S.Jérôme, Epist. CXXIV, 5, 7.

3. C. Celsum,V, 18, 22; In Malth., XVII, 29, Loin. IV, ui suiv. ; P. G., Xllt, 1S63; et le fragment sur t Corinth., XV, 23, cité par Piut, Origène, p. 88.

5. Sélecla in Psalmos, In Psalra. I, 5 (Lom., XI,- 387-389; P, G., XII, 1093; et mieux l'édition de Meliiodius d'Olympe par Bonwetsch, J, p. 91-95); De jirincipiis, U, 10, 3; III, 6, 4, 6. — Malgré quelques textes qui sembleraient insinuer que l'humanité de Jésus-Christ, après sa.

Quant aux méchants, ils subiijont le tourment du feu, mais non pas d'un feu préparé d'avance et commun à tous. Le feu qui les dévorera sera propre à chacun d'eux et naîtra de leurs péchés mêmes, du remords qu'ils en concevront, à peu près comme le feu de la fièvre naît des mauvaises humeurs accumulées dans l'organisme ^ — Ces peines seront-elles éternelles? Grave question sur laquelle Origène semble parfois hésiter à se prononcer 2. Au De principiisj i, 6, 3, il n'ose affirmer que tous les mauvais anges reviendront tôt ou tard à Dieu. Il écrit dans son Commentaire sur l'EpUre aux Romains, qu'au contraire des Juifs, Lucifer ne se convertira pas même à la fin des temps ^. Mais, sauf ces exceptions, et généralement dans ses ouvrages, Origène enseigne rdcTtoxaTocaTaciK;, la restitution finale de toutes les créatures intelligentes dans l'amitié de Dieu. Toutes ne jouiront pas sans doute du même bonheur — il y a dans la maison du Père diverses demeures"*, — mais toutes y viendront. L'Écriture, remarque-t-il, ne contredit pas ce sentiment^ : elle l'appuie plutôt^. Si parfois elle semble

résurrectitin, a été absorbée dans sa divinité (/» Lucam, homii. XX IX^ Lom., V, 197; P. G,, Xin, 1873; In lerem., homil. XV, 6, Lom., XV, •288; P. G., xni, 436; In loan., XXXII, 17, Lom., II, 463; P. G., XIY, 813;. De principiis, II, 11, 6), Origène ne suppose pas au fond dans cette humanité une transformation plus radicale que celle qu'il attribue ici au corps des simples fidèles. C'est une transformation xaxà itoiÔTTiTa (C. Gelsum, III, 41).

U~De princip., H, 10, 4.

2. In loann,, XXVIH, 7, Lom., II, 32S, 326; J». G., XIV, 697; In lerem.r liom., XVIII, 15, Lom., XV, 333, 354; P. G., XIII, 497, 50a

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