‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 130 sur 1102 · De princip., U, 10, 6; C. Cela., V · texte numérisé non relu

De princip., U, 10, 6; C. Cela., V

3. € In hune ergo statum omnem hanc nostram substantiam corporalem putandum est perducendam, tune cum omnia restituentur ut unum sinl, et cum Deus fuerit omnia in omnibus. Quod tamen non ad subitum fîeri, sed paulatim et per partes intellegendum est, infînitis et immensis labentibus saeculis, cum sensim et per singulos emendatio fuerit et correctio prosecuta, praecurrentibus aliis, et velociori cursu ad summa tendentibus, aliis vero proximo quoque spatio iosequentibus, tum deinde aliis longe posterius, et sic per mullos et inuumeros ordines proDcientium, acDeo se ex inimicis reconciliantium, pervenitur usque ad novissimum inimicum qui dicilur mors ut etiam ipse destruatur, nec ullra sit inimicus. Cum ergo restitutae fûerint omnes rationabiles animae in huiusmodi statum, tune natora etiam huius corporis nostri in spiritualis corporis gloriaœ perducetur » {Deprincip., m, 6, 6; 1,6, 4).

il semble que non, et qu'une déchéance restera toujours possible. C'est le reproche que saint Jérôme adressait au système d'Origène * , et qui trouve un appui dans le texte du De principiis où celui-ci nous représente les âmes comme capables de passer indéfiniment du bien au mal et du mal au bien ^. Ailleurs cependant, Origène affirme que, par la volonté de Dieu, les volontés créées seront fixées dans le bien, et que ce dernier état sera immuable : « In quo statu etiam permanere semper et immutabiliter Creatoris voluntate est credendum, fidem rei faciente sententia apostoli dicentis : Domum habemus non manu factam aeternam in caelis ^. »

Tel est en résumé le système théologique d'Origène. Etabli sur des prémisses excellentes, mais dans lesquelles l'esprit puissant de son auteur n'a pu se contenir, il présente, avec une foule de vues profondes et justes, des conjectures téméraires etdes assertions inacceptables. C'est le fleuve débordé qui, dans l'abondance de ses eaux, roule à la fois le limon qui féconde et le sable qui rend stérile. Mais heureuse ou funeste, les théologiens de l'antiquité jusqu'à saint Augustin en Occident, et même après en Orient, ont à peu près tous subi directement ou indirectement l'influence du grand alexandrin ; ils ont souvent accepté ses principes et développé ses idées. Même ceux qui l'ont combattu se sont servis des armes qu'il leur fournissait. Il suffit de comparer sa synthèse doctrinale avec celle d'Irénée pour voir quel progrès en étendue elle constituait sur cette dernière, mais il suffirait aussi de la comparer à celles ou plutôt aux synthèses partielles que l'on a tentées dans la suite, pour voir combien celles-ci lui

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