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LES THÉOLOGIENS OCCIDENTAUX DU IIP SIÈCLE

pénétré jusqu'au vif du christianisme : il n'en a pas sondé les profondeurs ni compris intégralement les enseignements; et c'est pourquoi saint Jérôme écrira sur lui ce mot sévère : « Utinam tam nostra confirmare potuisset quam facile aliéna destruxit' ! »

Des cinq écrivains de l'Afrique au iii^ siècle les deux premiers seuls sont donc, à notre point de vue, de première valeur^. A Rome, saint Hippolyte (170/175-235)^, comme Origène, semble tout embrasser dans son activité encyclopédique, exégèse, apologie, dogmatique, morale, droit canonique, histoire et géographie sacrées, peut-être même poésie religieuse : mais il est connu surtout comme exégète. Ses commentaires sur l'Ecriture sainte ont été les premiers qu'ait lus l'Église, et ils ont mérité — non pour le génie et les connaissances techniques — mais pour la justesse des principes d'herméneutique qui les a inspirés, d'être préférés à ceux d'Origène. Comme théologien, nous ne pouvons que très imparfaitement le juger. La plupart de ses écrits didactiques ou polémiques ont péri. Rédigés en grec, ils n'ont exercé sur la formation de la langue thcologique latine aucune influence. Mais dans leur

1. Epist. LVni, 10. On ne juge évidemment ici Laclance qu'au point de vue tliéologique.

2. Outre ces cinq, quelques traités anonymes sont restés : nous les utiliserons en leur lieu.

3. 1/édition citée est celle de FABRicrus dans P. G., X, pour le Contra Noetum; pour les Philosophoumena, celle de P. Cruice, Paris, 1860; pour les autres ouvrages, j'ai cité celles de N. Bom wetsch et de H. Achelis dans Die griechîschen christlichefi Schriftsteller, Leipzig, 1897. — Tra. vaux : Chr. Words\yorth, St Hippolytus and the church of Rome in the early partofthe third century, London, 1833, 2ecdit., 1880.J. Doellinger, Hippolytus und Kallistus, Uegensburg. 1833. L. ATznERCER, Geschichle der Chris tlichen Eschatologie innerhalb der vornicànischen Zeit, Freiburg im Br., 1896, pp. 271-290. G. N. Bonwetsch, Studien zu den Kommentaren Hippolyts zum Buck Daniel und Hohenliede, Leipzig, 1897. H. AcÙELis, Hippolylsludien, Leipzig, 1897. A. n'khts, La théologie de saint Hippolyte, Paris, 1906. P. Flolrnoy, Search-light of St Hippolytus, London, 1900. K. J. Neumann, Hippolytus von Rom in seiner Stellung zu S<aat «nd Wei«, Leipzig, 1902.

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substance et dans leur méthode, on peut dire qu'ils ont marqué un progrès dans l'évolution de la pensée diretienne. Ils placent leur auteur pour ainsi dire à mi-chemin entre saint Irénée et Tertullien. Moins précis et moins ferme que ce dernier, il nous apparaît plus avancé et moins esclave de la lettre que l'évéque de Lyon. Malheureusement saint Hippol5i.e, dévoué cependant à l'Église, n'a pas su garder, vis-à-vis de l'autorité légitime dans cette Eglise, la soumission qu'il devait : il a passé dans le schisme plusieurs années de sa vie ' . Sa gloire en a été obscurcie, et son génie y a perdu certainement de sa fécondité et de sa naturelle influence. Au moins s'est-il reconnu au dernier moment et a-t-il racheté par le martyre sa longue défaillance.

Le second docteur que nous rencontrons à Rome au III* siècle, Novatien (vers 248-257) ^, s'il a imité les erreurs d'Hippolyte, n'apossédéniTétenduedeson savoir nilayariété de ses aptitudes. Disciple de Tertullien, il en a reproduitla doctrine et les expressions au point que saint Jérôme a pu dire qu'il l'avait résumé^. Novatien, dans les écrits qui nous restent de lui, n'offre donc rien de bien original. Mais ces écrits sont les premiers qui, à Rome, aient été rédigés en latin sur des matières théologiques. Le traitera Trinitate notamment, conçu comme une explication des vérités fondamentales du

1. Dans les précédentes éditions de cet ouvrage je m'étais refusé à regarder comme certain que saint Hippolyte fût identique à l'auteur des Philosophoumena. Mais il me semble impossible de maintenir celle position en présence des preuves qui s'accumulent pour établir cette identité. Voir la question bien traitée dansD'AiÈs, La théologie de samt Hippolyte, Introduct., p. xxivetsuiv.

2. L'édition citée est, pour le De Trinitate et le De cibis itidaicis, celle de P. L., MI ; pour les lettres, l'édition de saint Cyprien de G. Hak- TKL. — Travaux : H. JonnAN, Die Théologie àer nenentdeckten Predigten Novatians, Leipzig, 1902. On consultera aussi fort utilement l'édition du De Trinitate de W. Vorke Fausset, Cambridge, 4909.

3. De viris illustr., 70. Le mot vise le De Trinitate de Novatien ; mais au lieu de résumé, saint Jérôme aurait plus exactement écrit développé

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