LES THÉOLOGIENS OCCIDENTAUX DU III» SIÈCLE
quelquefois subtils ^ Il est probable qu'il en était de même pour Victorin de Pettau dont l'exégèse, au dire de saint Jérôme, avait suivi celle d'Origène^.
L'Écriture cependant ne doit point être interprétée d'après le sens privé et d'une façon nouvelle ^ : on y doit suivre la tradition. Bien plus, il ne faut pas, dit Tertullien, discuter avec les hérétiques sur l'Écriture. Ils l'ont altérée, et là où ils ne l'ont pas altérée, ils l'expliquent à leur fantaisie, et l'on n'avance à rien'*. Il y a un moyen plus rapide et plus sûr de trancher la question entre eux et nous, c'est de chercher à qui d'eux ou de nous appartiennent les Ecritures, qui, d'eux ou de nous, a reçu par une légitime tradition la vraie foi ; car là où sera la vraie foi sera nécessairement la fidèle interprétation des Écritures^. Comment donc s'est transmise la vraie foi? Jésus-Christ, envoyé par le Père, a instruit lui-même ses apôtres ; les apôtres ont fondé des Églises auxquelles ils ont confié cet enseignement, et ces Églises-mères à leur tour ont essaimé et établi d'autres Églises auxquelles elles ont communiqué leur doctrine avec leur apostolicité. Voilà l'ordre suivi par l'économie divine dans la diffusion de la révélation. C'est donc là, c'est dans l'enseignement de ces Eglises apostoliques ou dérivées d'elles, non dans celui des conven-
1. V. surtout le commentaire sur le Cantique et la version allemande du texte grunnisien du même ouvrage. G. N. Bonwetsch, Eippolyts Kommentar zum Hohenlied, Leipzig, 1902.