‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 139 sur 1102 · De praescr · texte numérisé non relu

De praescr

LES TIJÉOLOGIENS OCCIDENTAUX DU IIP SIECLE. 343

Plus tard, sans doute, Tertullien oubliera ces déclarations, et il opposera à Tautorité de la tradition et de l'Higlise universelle, et de l'Eglise de Rome, l'autorité de l'inspiration privée et des charismes. Il invoquera la vérité contre la coutume et ne verra plus dans la nouveauté de la doctrine une marque certaine de l'hérésie ^ Mais alors Tertullien sera sorti de Fliglise ou près d'en sortir. Saint Cyprien, lui aussi, alors que le pape Etienne invoquait la tradition de son Eglise, écrira, dans la controverse baptismale, qu'il faut non pas prescrire par la coutume, mais vaincre par la raison 2. Et cependant il n'est pas douteux que saint Cyprien, tout comme Tertullien catholique, n'ait regardé l'enseignement de l'Église, et plus particulièrement des évêques sur qui l'Eglise est établie, comme la norme de la foi ^. N'enseigne-t-il pas que l'iigiise seule possède l'Esprit-Saint, et qu'elle est seule par conséquent dispensatrice de la vérité et de la grâce?

Tertullien trouve l'enseignement de l'Eglise résumé dans le symbole — la régula fidei, la lex fidei, comme il dit dans son langage de juriste '• — dont il reproduit la substance et, dans une certaine mesure, la formule^. Ce symbole ne saurait être soumis à discussion : au contraire de la discipline et des usages qui peuvent changer, il est immuable et irréformable ^. Même la nouvelle effusion du Paraclet commencée enMontanl'a respecté, bien qu'elle ait supprimé certaines indulgences en matière de morale consenties par Jésus-Christ'.

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