LES THEOLOGIENS OCCIDENTAUX DU III" SIECLE
sont le fait de la philosophie * ; les philosophes sont les « patriarches des hérétiques ^ ».
Saint Cyprien est, à ce point de vue, dans la ligne de Tertullien et, s'il se peut, plus radical encore. On a remarqué que l'œuvre de cet ancien rhéteur ne contenait pas une seule citation des auteurs profanes, tant il avait renoncé complètement à ses préoccupations antérieures. Il ne croit guère à la vertu des philosophes, et déclare que des philosophes aux chrétiens il y a très loin. C'est l'influence pernicieuse de la philosophie qui a conduit No vatien àla révolte et au schisme 3. Commodien non plus n'a rien d'un philosophe. Arnobe, par tempérament et par culture, l'est davantage. Il loue quelques-uns des anciens philosophes, et constate volontiers qu'ils ont entrevu certaines vérités principales du christianisme^. Mais il les blâme d'avoir voulu tout ramener au niveau de la raison humaine, et cette raison il se plaît à l'humilier et à en exagérer l'impuissance ^. Lactance ne tombe pas dans cette exagération. Pour lui, la raison ne peut tout savoir, mais elle peut savoir quelque chose, et les anciens philosophes l'ont bien montré qui ont eu, les uns ou les autres, des vues justes sur les grands problèmes de la vie^. 11 est vrai qu'ils n'ont pas apporté des solutions toujours certaines, qu'ils ont manqué d'unanimité et se sont contredits d'école à école, que leur doctrine notamment n'a pas fait à Dieu une assez grande place, et qu'à cause de cela elle n'a eu sur la réforme des mœurs et n'a exercé sur la foule qu'une influence insignifiante"^. Mais lé christianisme peut combler ces