Contra Noetum
L'ADOPTIAKISME JST LE PATRIPASSIANISME. 355
C'esl, en réalité, le Père qxii est descendu dans le sein de la Vierge, qui est né, et, en naissant, est devenu Fils, son propre Fils à soi, procédaut de lui-même *. C'est lui qui a souffert et qui est mort (palripassianîsme) ; lui qui s'est ressuscité ^, présentant en conséquence, suivant qu'on le considère dfinsun état ou dans un autre, des attributs en apparence contradictoires, invisible et visible, inconnaissable et coanaissable, incréé et créé, éternel et mortel, inengendré et engendré^.
Ainsi entendue, la théorie est aussi simple que possible. Il ne se pouvait cependant que, mis en face des textes qui établissent la distinction réelle du Père et du Fils, les modalistes n'essayassent pas, sans sacrifier le fond de leur enseignement, de les expliquer. Ils le firent en déclarant qu'en Jésus-Christ le Fils c'est la chair, l'homme, Jésus, tandis que le Père c'est l'élémerrt divin uni à la chair, c'est le Christ : « ut aeque in una personautrumque distinguant patremetfilium, dicentes filium carnem esse, id est hominem, id est lesum, patrem autem spiritum, id est deum, id estChristum'*». D'où la formule qui excitait la bile de Tertullien : « Filins sic quidem patitur, pater vero compatitur^. »
Telle est l'erreur patripas sienne ou modaliste enseignée à Rome par les monarchiens dans le premier quart du iii^ siècle. On avait supposé, jusqu'à la découverte des Philosophoutnena, que Sabellius personnellement avait vécu plus tard, et que son système différait un peu de celui-ci. Il n'en est rien. L'auteur des Philo-
t. Philosoph., X, 10; X, 27; Adv. Praxean, 40 : « Ipse se sîbi filium fecit »;'l:l;«f. l,â.
2. Contra Noelum, i, 3; Philosoph., IX, 10; Adv. Praxean,\ : c Ipsum dicit patrem... passum = ; 2 : « Post tempus pater natus et pater passus • ; ds.