Voir le chapitre x
L'ADOPTIANISME ET LE PATRIPASSIANISME. 357
quer que cet enseignement, tout en restant correct au fond, tendait cependant, par réaction, à exagérer la distinction du Père et du Fils, Pour réfuter l'erreur monarchianiste, saint Hippolyte et les siens inclinaient manifestement vers l'erreur contraire.
Quant à l'opposition faite au monarchianisme par l'autorité ecclésiastique, elle demande à être étudiée avec soin.
Si nous en croyions certains de nos documents, celte opposition n'aurait, au fond, jamais existé, et les évêques de Rome, Victor, Zéphyrin et Calliste auraient favorisé ou même professé l'hérésie.
La chose, pour le pape Victor, est insinuée par Tertnl[ien{Adç.Praa;.j 1), et affirmée sans détour par l'auteur du catalogue héréséologique qui termine le traité De praescriptione, — lePseudo-Tertullien, comme on le nomme communément: « Sedposthos (haereticos) omnes etiam Praxeas quidam haeresim introduxit, quam Victorinus corroborare curavit » (25). 11 n'y a pas lieu cependant de s'arrêter longtemps à l'examen de cette accusation. Elle est très vague dans Tertullien, elle vient d'un anonyme dans le catalogue. La leçon même Victorinus ne désigne pas Victor si elle est exacte, et, si elle est une altération, il se peut qu'elle désigne Zéphyrin ^ Les Philosophoumena ne font aucun reproche à Victor, et l'on comprendrait fort bien d'ailleurs, qu'ayant reçu de Praxéas, dans l'affaire du montanisme, un utile conseil, ce pape lui ait témoigné d'abord de la bienveillance, et ne Tait pas repris d'une erreur que l'hérétique n'a dû développer que plus tard. C'est assez pour qu'on écarte du débat qui va suivre le nom et la mémoire de Victor.
Mais pour Zéphyrin et Calliste, les accusations des
1. Voir l'annotation d'Oehler, dans son édition de Tertullien, II, p. 765,