SÔ8 LA THÉOLOGIE ANTÉNICËENNJE
Philosophoitmena sont précises. Le premier, rapw portent'ils, favorisait l'iiérésie. Il permit d'abord d'aller entendre les nouveaux docteurs; puis il professa lui-même leur doctrine : « Je ne connais qu'un Dieu, disait-il, Jésus-Christ, eten dehors de lui aucun autre, qui est né et qui a souffert. Et il ajoutait : Ce n'est pas le Père qui est mort, mais le Fils : ce qui causait dans le peuple de continuelles disputes ^ . »
Quant à Calliste, après nous avoir donné de sa vie antérieure un récit au moins tendancieux, l'auteur des Philosophoumena nous le montre, devenu le diacre de Zéphyrin, allant d'un parti à l'autre, paraissant être de l'avis de tout le monde, mais en réalité favorable à l'erreur, pervertissant notamment Sabellius qu'il ramenait vers Cléomène. et traitant de dithéistes les docteurs orthodoxes^.
Cependant, continue saint Hippoly te ^, Zéphyrin mourut (217) et Calliste lui succéda. Combattu par de puissants adversaires, étroitement surveillé et plus en vue que jamais, le nouveau pape sentit qu'il fallait rompre avec les patripassiens, et condamna Sabellius, Mais il n'était pas sincère, et comme Sabellius le poursuivait de ses reproches, il imagina une modification de son ancienne erreur. Suit l'exposé de ce monarchianisme modifié dont j'ai déjà donné une idée d'après Tertullien"*, et que M^ Duchesne ^ ramène aux points suivants : « 1° En dehors de l'incarnation, la différence entre le Père et le Fils est purement nominale. 2** L'in-
A. Philosoph., IX, M : *E-^iy olôa Iva 6eôv Xpicrtov 'iTjffoûv, xal itXriV aùtoù ëtEpov où5Éva ytvrixbv %a\ 3ta8f,TOv. FIotè ôè Xéytov* oijr ô natrlp àrtiOavEV, à),).à ô vlôç, oûtwç âTtauoiîo-j tYjv cxàiiv èvTw Xat^ôie-rijor.GEv.
2. Philosoph., IX, 11, 12; Contra Noet., 14; Tertuluen, Adv. Prax., 3 : « Duos et tres (deos) iam iactitant a nobis praedicari. »