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Origines chrétiennes, p. â

L'ADOPTIANISME ET LE PATRIPASSIANISME. 359

carnation est la raison de la différence réelle : dans Jésus-Clirist, l'élément visible et humain, c'est le Fils: l'élément invisible, et divin, c'est le Père. 3° L'union de ces deux éléments est assez intime pour qu'on affirme qu'ils ne forment qu'un seul être, pas assez pour que le Père, c'est-à-dire l'élément divin, ait souffert : il n'a fait que compatir. »

Ces accusations contre Zépbyrin et Calliste reposent, observons-le bien, sur la seule autorité des Philosophoumenaj et l'antipape qu'a été leur auteur avait de bonnes raisons pour n'aimer ni Zépbyrin, qui avait fait la fortune de Calliste, ni surtout Calliste regardé comme pape légitime. Les formules reprochées au premier sont d'ailleurs trop peu explicites pour qu'on les puisse qualifier : en soi elles sont orthodoxes, et la seconde rejette formellement le patripassianisme ^ .

Quant à Calliste, deux choses sont certaines : il a traité les partisans de l'école trinitaire de dithéistes, et il a condamné Sabellius ; mais il a seulement repris les premiers, il leur a montré le terme dernier de leur tendance — et cette tendance explique qu'il ait d'abord détourné d'eux Sabellius, — tandis qu'il a formellement ensuite condamné celui-ci. L'a-t-il fait par pure politique, et â-t-il vraiment soutenu le système que lui ^TéXeuiles PhilosophoumenaPli est bien remarquable que TertuUien, qui n'aimait pas Calliste et qui lui a reproché bien d'autres choses, ne l'en accuse pas. Le témoignage de l'auteur des Philosophoumena est isolé et c'est celui d'un ennemi personnel. 11 n'est corroboré par aucun vestige, qui soit resté dans la doctrine romaine du temps, d'un enseignement modaliste quelconque. Dans ces conditions, on ne saurait l'accepter

1. Remarquons bien en effet que les Philosophoumena ne reprochent pas à Zéphyria d'avoir soutenu le monarchianisme sous sa forme modiUée : celte modiGcalion ne s'est produite que plus tard.

360 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.

comme l'expression de la simple et pure vérité. Jusqu'à nouvel ordre et en se basant uniquement sur les faits, Calliste doit être considéré comme orthodoxe.

Le monarchianisme ne paraît pas d'ailleurs, après la condamnation dont il fut l'objet, avoir conservé à Rome ni en Occident des partisans bien nombreux. Saint Epiphane [Hae?\ lxii, 1) dit cependant qu'il y avait de son temps des sabelliens à Rome, et Marangoni avait trouvé, en 1742, près du cubiculum de saint Calliste, une inscription semblant indiquer qu'il y avait là, au iv° siècle ou plus tôt, un lieu de sépulture pour les hérétiques*. Mais ces faits ne sont que des exceptions à une situation générale. C'est surtout en Orient et en Egypte que se conserva et se perpétua le sabellianisme.

1. L'inscription en mosaïque, accompagnée du monogramme codstanlinien, se trouvait auprès d une peinture représentant le Clirist entre saint Pierre et saint Paul. Elle portait : Qui et filius diceris elpater inveniris. Cette inscription est perdue et l'on n'en a pas de repropuction.

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