CHAPITRE XII
LA DOCTRINE CHRETIENNE EN OCCIDENT AU Ili" ET AU DÉBUT DU IV^ SIECLE.
S 1. — Dieu et la Trinité.
Les théologiens du iii^ siècle n'ont pas eu à prouver, à grands renforts d'arguments, l'existence de Dieu : cette existence, à leur époque, était moralement admise de tous. Ils ont dû plutôt prouver l'existence d'un Dieu unique, et non pas seulement contre les païens, comme l'ont fait Tertullien, saint Cyprien, Arnobe, Lactance, mais encore contre les gnostiques plus ou moins dualistes, Marcîon, Hermogène, Valentin, que Tertullien a combattus et réfutés.
Il n'y a qu'un seul Dieu. Et s'il en est ainsi, rien ne pourra lui être comparé : lui seul possède ce qui est de Dieu ^ Bien plus, il est transcendant et au-dessus de nos conceptions : « Maior est enim.Deus mente ipsa, nec cogitari possit quantus sit^. »
Quelle est la nature de Dieu ? On a souvent — et saint Augustin en particulier ^ — relevé dans l'ensei-
i. Tertdll., Adv. Hermog., 4.
2. Nov\T., De Trinilate, 2, cf. 7; Arnobe, in, 19; Commodien, Carm. apol., yers 99 et suiv.