‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 179 sur 1102 · Adv. Prax., 19; cf · texte numérisé non relu

Adv. Prax., 19; cf

3. 51, Harnack {Lehrb. der DG., II, p. 298 et suiv., note) a prétendu que Tertullien avait pris ces mots seulement dans leur sens juridique de personne morale et de fortune, biens possédés. Cette opinion n'est pas soutenable (v. Seeberg, Lehrb. der DG., I, 341, note 2).

LA THÉOLOGIE LATINE AU lïl» SIECLE- 403

de l'Église latine. Tel qu'il est et malgré les obscurités qui s'y trahissent, son exposé trinitaire, surtout corrigé par NovaEien, réalisait sur ce qui l'avait précédé vu progrès considérable. La foi de l'Eglise y recevait une expression juste et définitive *.

% 2. — La création, les anges, l'honuue.

La création du monde par Dieu est un des dogmes que Lactance a le plus heureusement défendus contre les philosophes païens^. Tertullien a dû le défendre surtout contre Hermogène et contre Marcion. Her-

i. On a souvent reproché à nos auteurs d'avoir subordonné le Fils au Père et le Saint-Esprit au Père et au Fils. Toutes les raisons alléguées n'ont pas cependant la même valeur. Ainsi, on ne peut rien tirer de la simple afflrmation que le Père est plus grand que le Fils, et celui-ci plus grand que l'Esprit (Tertcll., Adv. Prax., 9; Novat., De Trin., 16, S7, 31), parce qu'il s'agit là de cette subordination personnelle qui résulte des processions divines; rien non plus du fait que le Fils obéit au Père et exécute ses ordres (S. Hippol., Phil., X, 33, p. S16; Tertoll., Adv. Prax., 3, 4; Novat., De Trinit., 61), parce qu'il s'agit ici d'une simple subordination niinislérielle, non de nature; rien enOn <le ce que le Père est donné comme invisible, le Fils comme visible et le sujet des théophames(TERTDLL., Ad». Prax., 14; Adv. Marc, il, 27 ; Novat., De Trin., 18, 19, 20, 31), parce que cette différence est fondée uniquement sur le fait que le Fils seul est apparu {loan., I, 18, et v ci-dessus, p. 253).— Moins défendables au premier abord sont les passages où Tertullien représente la substance du Fils comme une portion de celle du Père : « Pater enim tota substantia est, Filius vero derivatio totius et portio • [Adv. Prax., 9, l't, 26). Cependant il est clair que ces mots ne doivent point être pris à la lettre, et qu'il y faut voir surtout ime conséquence du langage tout matériel que l'auteur adopte pour parler de Dieu. Tertullien n'ignorait pas que la substance de Dieu est iadivisible [Apolog., 21), et que tout ce qui est au Père, en dehors de la paternité, a été communiqué au Fils (Adw. Prax., 33 Adv. Marc, m, 6; IV, 23). — C'est plutôt dans Lactance [Inatit., 11, 8, col. 293 et suiv, ; cf. IV, 8, col. 467) que l'on trouverait des concepts vraiment répréhensibles. Au v* siècle cependant, la controverse arienne avait rendu les esprits très méticuleux à ce point de vue; et il est curieux de voir citer comme arianisants, dans le Conflietus Arnobii cathoUci et Serapionia {Patr. lat., LUI), des fragments du chapitre 31 du De Trinitate de Novatien.

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