‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 189 sur 1102 · De carne Christi · texte numérisé non relu

De carne Christi

412 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.

ils ne venaient pas pour mourir ; le Christ, venant pour mourir, devait aussi naître ^ . Il est donc né, et de la substance même de la Vierge, ex ea^. L'auteur y insiste ', et ne craint pas, pour nous en convaincre, d'accumuler des détails d'un grossier réalisme. Bien plus, de peur que la naissance de Jésus-Christ ex Maria ne parût suspecte, s'il enseignait que la Vierge est restée vierge dans son enfantement [utérus clausus), il le nie sans hésitation : « Virgo quantum a viro ; non virgo quantum a partu... Itaque magis (vulva) patefacta est quia magis erat clausa. Utique magis non virgo dicenda est quam virgo ''. » — Jésus- Christ est ainsi de notre race, [IxjxoùxaO' ■^(jiôéç çupafxaToç, de notre oùtria ^. Et de même qu'il a pris notre corps, parce qu'il devait sauver ce corps ^, il a pris aussi notre âme spirituelle et intelligente {•^»'/y\^ àv0po)Tr{vyiv, XoyixtJjv Ss léfbi '. Il est donc homme parfait, partageant nos faiblesses, nos infirmités hormis le péché : il est le nouvel homme, le nouvel Adam^.

Il est Dieu cependant. C'est un point que l'autorité ecclésiastique avait récemment défini en condamnant l'erreur théodotienne, et sur lequel la conscience chrétienne n'hésitait pas : « Tam enim scriptura etiam Deum annuntiat Christum quam etiam hominem ipsum annuntiat Deum, tam hominem descripsit lesum Chris-

1. « Non vénérant mori; ideo nec nasci. At vero Cliristus mori missus aasci quoque necessario habuit ut mori posset » (De carne Chrîsti, 6 ; cf. 3; Adv. Marcion., ni, 9).

2. Tout ceci se retrouve dans Novatien, De trin., 10; cf. S. Hippol., Contra Noet., 17, 18. Malgré quelques expressions impropres {homine simulaio, I, 61), Arnobe n'est pas docète.

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