Tertull., De carne Chr., 14, \&; cf
7. S. Hippol., Contra Noet., 17, 18; Tertull., De carne Chr., 10, 14. Ds resur. carnis, C3.
8. Tertull., De resurr. carnis, S3; De carne Chr., 5, 9; S. Hippol; Contra Noet., 17, 18.
LA THÉOLOGIE LATINE AU lll" SIÈCLE. 413
tum quam etiam Deum quoque descripsit Christum Dominum K » Jésus-Christ est Dieu et homme, et dès lors la question se pose de la façon dont il faut concevoir l'union en lui du divin et de l'humain.
Cette question, résolue dans la tradition antérieure, l'est de nouveau d'une façon très ferme. D'abord, la théologie latine du iii^ siècle maintient la permanence dans riiomme-Dieu de l'humanité et de la divinité, des deux natures comme on dira plus tard, des deux substances comme dit Tertullien^. Le Verbe ne s'est pas changé en l'homme ni en la chair ^ ; il n'y a pas eu entre eux une fusion, une combinaison qui aurait fait des deux une substance intermédiaire'*. Non, chacune des deux natures est restée ce qu'elle est. Novatien appuie beaucoup sur cette dualité. Les expressions assumpsit carneiyij suscepit hominem, substantiani hominis induit^ etc. sont celles dont il se sert plus volontiers pour représenter l'Incarnation (13, 21, 22, 23). Il est en défiance contre les formules qui attribuent à Dieu la mort et les souffrances de Jésus, et il a soin
4. NovATiEN, De Trin., H, 17; Tertdll., De praescr., 10, 33; De carne Christi, 14, 18, etc.; Arxobe, ï, S3; Lactance, Insttt., IV, 13. Il y a de fortes raisons de croire que le traité anonyme contre Artémon cité par Eusèbe (voir ci-dessus, p. 330, Soi) est l'œuvre d'Hippolyte.
2. Adv. Prax., 27 ; S . Hippol., Contra NoeL, 17 ; In psalm. II, 7, Achelis, p. 146. Remarquons que TerluUien emploie toujours, pour désigner la nature, le mot substantia. Dans la Trinité, una substantia, très parsonae; en Jésus-Christ, una persona, duae substantiae. Le mot natura a chez lui un autre sens : il désigne les propriétés qui peuvent être communes à plusieurs substances différentes (De anima, 32). Cependant, V. plus bas. L'emploi de natura pour désigner les natures en Jésus Christ a eu tout cas été rare jusqu'au v siècle.
3. S. Hippol. : oùxatà xpou^QV {Contra Noet., 17) ; Tertullien : . Transfiguratusin carne, anindutus carnem? Imo indutus » (Adv. Prax., '21- De carne Chr., 3, 18).
4. Tertull., Adv. Prax., 27. Il ne faut pas prendre à la rigueur, je crois, les mots de Lactance : « Deus et homo... mediam inter Deum et hominem substantiam gerens • [Instit., IV, 13). Lactance veut dire surtout que, par ses deux natures, Jésus-Christ est un médiateur naturel entre Dieu et l'homme (Cf. IV, 23:.
414 LA THEOLOGIE ANTENICEENNE.
de les préciser (25) : on sent qu'il est en garde contre des adversaires. Combattant les modalistes qui, en Jésus, confondent l'élément divin avec le Père et l'humanité avec le Fils, il remarque que l'homme en Jésus n'est pas Fils de Bien naturaliiery princip aliter , mais consequenter, c'est-à-dire conséquemment à son union avec le Verbe, que cette filiation est en lui quelque chose de feneratum, mutuatum (24) : ce qui ne signifie pas toutefois que Jésus-Christ en tant qu'homme n'est, d'après notre auteur, que le Fils adoptif de Dieu, mais seulement qu'il n'est son Fils qu'en vertu de l'union.
L'humanité et la divinité gardent donc en Jésus- Christ leur nature propre : bien plus, chacune d'elles conserve ses opérations distinctes. C'est par avance énoncée la doctrine du concile de Chalcédoine et de saint Léon :
« Sed quia substantiae ambae in statu suo quaeque distincte agebant, ideo illis et operae et exitus sut occurrerunt< ». tt Quae proprietas conditionum divinae et humanae aequa utique naturae utriusque veritate dispuncta est, eadem fide et spirltas et carnis. Virtutes spiritum Dei, passiones camem hominis probaverunt^. »
Mais alors quelle est leur union? Nos auteurs lui donnent les noms les plus divers. Saint Hippolyte l'appelle ffUY^""^":» [aiEiç^. Tertullien parle aussi de mélange : miscente in semetipso hominem et Deum *. Novatien la nomme une perinixtio, une annexio, une connexio et permixtio sociata, une transductio : Jésus est ex utroque connexus, contextus, concretus ^. Une
i. Tertcll., Adv. Prax., 27.