DeTriniL, IJ, 2i
idée domine cependant tons ces efforts vers l'expression décisive, c'est que le même sujet est Dieu et homme, c'est qu'il y a en Jésus-Christ une personne unique ^ . Cette idée se traduit dans nos documents d'une façon irrécusable , par l'usage de la communication des idiomes : « Deus pusillus inventus est ut homo maximus fieret. Qui talem Deum dedignaris, nescio an ex fide credas Deum crucifîxum* ». « Nasci se Deus in utero patitur matris ^ ». « Deum talia passum, . Deus passibilis, virgine natus ^ ». Mais il était réservé à Tertullien de proclamer expressément cette unité hypostatique de Jésus-Christ, de donner au do^me sa formule définitive, celle qui restera celle de l'Eglise, una persona, duae substantiae ou natàrae :
« Si et apostolus (Rom., i, 3) de utraque eius (Christi) substantia docet : Qui factus est, inquit, ex semine David, hic erit homo et filius hominis qui defînltus est fillus Dei secundum spiritum. Hic erit Deus et sermo Dei filius. Videmus duplicem statum non con.fusum, sed coniunctum in una persona, Deum et hominem lesura ^. »
Et cependant saint Hippolyte en aura indiqué la raison profonde, en observant que cette unité per-
1. s. HiPPOL., De Antichr., XXVI; Contra Noet., 6, 13, 14, 17, 18. H faut faire exception pour Arnobe, qui ne met entre le Verbe et l'homme en Jésus-Christ qu'un lien très léger et insuffisant (I,CO). Ainsi; il ne faut pas dire, à son avis, que le Christ est mort; ce n'est pas le Clirist, mais l'homme qu'il portait qui esl mort : Weu ne saurait mourir. Il n'est pas plus permf» de dire que le Glirist est mort qu'il ne l'aurait été de dire qu'Apollon était mort si la sibylle qu'il inspirait avait été tuée pendant son inspiration : « Sed more est hominis inleremplus? — Non ipse : neque enim cadère divinas in res potestmortia occasus... guis estergo visus in palibulo pondère, gwis mortuiis est? — Homo quem induerat et secum ipse portabat... Mors îHa, quam dîeiffs, assumpti hominis fuit, non- ipsius, gestaminis, non geslanlis, etc. » (1,62).