De Antichr., XXVI; cf. In Daniel., IV, 11, p
sauver ainsi l'homme qui s'était perdu ^ ». Ce contact de la divinité avec notre humanité vivifie, sanctifie et guérit déjà notre nature. C'est bien la belle pensée de l'évêque de Lyon.
Hippolyte toutefois, et avec lui TertuUien et saint Cyprien, ne la considèrent pas comme le dernier mot du mystère. Tertuliien le dit en propres termes : « Nec mors nostra dissolvi posset nisi Dominipassione, nec vita restitui sine resurrectione ipsius ^. » Il a donc fallu que Jésus-Christ mourût pour nous sauver. A cet effet, il s'est substitué à nous : « Non aspernatur Dei Filius carnem hominis induere, et cum peccator ipse non esset, aliéna peccata portare^ ». « Nos omnes portabat Christus qui et peccata nostra portabat''. » Dès lors, il est devenu malédiction pour nous : il a été compté parmi les pécheurs^. Chose singulière! Tertuliien, qui a si nettement parlé de la satisfaction que le pécheur doit à la justice de Dieu, n'a pas songé à mettre cette idée en valeur à propos de la mort de Jésus-Christ. Mais, en revanche, nous trouvons partout expliqué que cette mort est un sacrifice, et un sacrifice expiatoire. Librement, bien qu'obéissant à la mission du Père, le grand-prêtre Jésus-Christ s'est offert en sacrifice pour tous les peuples, est devenu agneau et victime pour nous tous : « Hune enim oportebat pro omnibus gentibus fîeri sacrificium... ipse etiam effectus est hostia per omnia pro omnibus nobis^. » Ce sacrifice nous rachète — le sang de