Instit., IV, 30, col
420 LA THÉOLOGIE ANTENICÉENNE.
traité — le De catholicae ecclesiae unitate ^ — pour l'établir et s'en expliquer. La vraie Église, remarquet-il, est unique, parce qu'il ne saurait y en avoir plusieurs 2, Mais surtout elle est intérieurement une, parce que, entre ses membres, pasteurs et fidèles, doit régner le lien de la commune foi, de la commune charité, et aussi le lien de la soumission des fidèles aux pasteurs ^. Cette unité est figurée par la tunique sans couture de Jésus- Christ "^ ; par l'unité du pain et du vin eucharistiques composés de la multitude des grains de blé et des graines de raisin qui les ont produits ^ ; mais surtout elle est clairement signifiée par Notre- Seigneur établissant cette Église d'abord sur Pierre seul, et conférant premièrement à Pierre seul le pouvoir dont il devait ensuite investir les autres apôtres, afin de nous révéler par cet acte symbolique l'unité qu'il voulait dans son Église : « Super unum aedificat ecclesiam, et quamvis apostolis omnibus post resurrectionem suamparem potestatemtribuat... tamen, ut unitatem manifestaret, unitatis eiusdem originem ab uno incipientem sua auctoritate disposuit... Exordium ab unitate proficiscitur, ut ecclesia Christi una monstretur ^. » Rejeter cette unité, c'est rejeter la foi, la foi du Père et du Fils, la loi de Dieu, le salut; c'est être étranger, profane, ennemi'^. Mais aux évéques
1. Il ne faut cependant pas se méprendre sur l'objet de cet ouvrage. Le mot calholica est pris ici dans le sens d'orthodoxe. S. Cyprien ne s'occupe pas précisément dans ce traité de l'unité de l'Église universelle, mais plutôt de l'unité qui doit régner dans chaque église particulière. V. P. Batiffol, L'Église naissante, p., 427, noie 3, et p. 437,