De resurr. carnis
6. Tertull., De bapt., 8; S. Ctpr., Epist. LXXIH, 9; Can. d'Hipp., loc. cit. Le pape Corneille, notant que Novatien n'a pas été « scellé « par l'évêque (toû té erippaYnxô^vai C»îcb toù ÈTrtffxÔTCoy), remarque qu'il n'a pu dès lors recevoir le Saint-Esprit (Eosèbe, H. .B.,YI,43, 15). Voir aussi S. HIPPOLTTE, De Antichr., LIX : 5i' o5 (TcvEÛiiaxoç) o-ypaytÇovTai ol lîidxeuovteç xû 6ttp (cf. Doïlger, Sphragis, p. 181-183).
LA. THÉOLOGIE ANTÉn'CÉENNE.— T. I. 25
434 LA THÉOLOGIE ÀÎSTÉNICÉESNE.
Comme le jeu des doigts fait circuler l'air dans les orgues hydrauliques, explique Tertullien, ainsi Dieu, par la main du pontife, remplit de son Esprit cet orgue vivant qu'est l'homme ^ C'est à l'évêque en effet qu'il était réservé de donner la confirmation 2.
S 6. — L'Eucharistie s.
L'initiation chrétienne se terminait par l'admission des nouveaux chrétiens à l'eucharistie. Nous avons déjà constaté avec quelle fidélité la tradition, depuis lés premiers apôtres, regardait ce sacrement comme celui du vrai corps et du vrai sang de Jésus-Christ. Nous Talions constater de nouveau pour l'Eglise latine du m* siècle. Malheureusement l'Afrique seule parlera presque exclusivement ici. DeNovatien et d'Hippolyte il ne reste à peu près rien sur ce sujet : à peine, du dernier, quelques lambeaux de textes qai « donnent cependant l'impression d'un réalisme très ferme' ».
Mais Tertullien et saint Cyprien s'expriment clairement, et il n'est pas douteux qu'en eux nous n'entendions tout l'occident. Pour le premier, l'Eucharistie est le corps et le sang du Christ dont la chair se
1; De bapt., 8..
2. Voir le concile d'Elvlre (vers 300), can. 38, T7, Les canons d'Hippolyte, loc. cit., marquent bien en effet que la chrismation baptismale est fuiic par le prêtre {iiresbyter), mais que c'est l'évêque (episcopus) qui impose la main et consigne le confirmé. — Je n'examine pas ici la question de savoir si le rite qui servait à la réconciliation des hérétiques était la confirmation elle-même (S. Cypr., Hp. LXXni, 6). Le pape Etienne parle seulement d'imposition de la main in paenitentiam (ID., Ep. LXXIV, I). Voir plus loin au § 7.
3. Voir ici surtout P. Batiffol, L'Eucharistie, la prés, réelle et la transsubslaniiation, Paris, 1913.
•i. Voir les fragments sur Genèse, XLIX, 15; XXXVIII, 19; loan., XIX, 34, dans Hippolytus Werke, I, 2, édlt. Achelis, p. 63, 96, 211. On sait, par saint Jérôme {Epist. LXXf, 6;, que saint Hlppolyte avait écrit « de euchaiistia an accipienda cotidie ». Quant à Novatien, il ne saurait
LA T«ÉOLQ!Sffi Ï-AÏINE AU «I» SIÈCLE. m
nourrit afin que l'âme soit engraissée de Dieu ^ ; que le prodigue reçoit à son retour dans la maison du Père céleste 2; que Jésus lui-même nous présente dans le pain qu'il nous do^W^^Î car ce corps est mis dan? la catégorie du pain''. Cependant il se trouve des fidèles à ce point jaloux d'observer le jeûne des joujrs de stct-^ tion, qu'ils renoncent ces jours-là à recevoir le corps du Seigneur et à assister aux prières du sacrifice. Que ne conservent-ils ce corps, quand on Va mis dans leur main, pour s'en nourrir quand l'heiire de manger sera venue ^! C'est ce que font les femmes chrétiennes des infidèles qui le prennent secrètement le mjitin avant tout autre aliment ^^ Voilà la foi de TertuUien; et l'on comprend dès lors son indignation contre les chrétiens oublieux qui, de cette même bouche dont ils ont prononcé Amen sur ce qui est saint {in sanctum), et loué Jésus-Christ, vont acclamer un gladiateur'^; encore plus contre les chrétiens et les clercs, fabricants d'idoles de leur métier, qui osent approcher du corps dn Seigneur ce^ mains qui out donné un corps aux démons ; qui osent, de ces mêmes mains, distribuer aux autres ce corps divin qu'ils ont souiHé. Eh quoi!
être représepté que par le texte d\i P.e spectac\cliSy 5 (Hartel, III, p. 313); mais il est douteux que ce traité soit de lui.
-1. De res'ùrr. carnis, 8 : « Caro cor pore et sanguine Christi vescitur ul et anima de Deo s?tginetur, »
2. De pudic, 9 : « Opimitate dominici corporis vescitur, eucliarislia scilicet. »
o. Adv. Marc, I, 14 : « Pîjnexn que ipsiira corpus suvim repraesentat. • Sur le sons du mot rcpraesenlare dans Tertuilîen, voir d'Alès, La théoL de Tertull., p. 330 et suiv.
4. De oratione, 6 : « Tune quod et corpus eius in pane censetur : fîoc est corpus meum. » Sur la signiCcation àecensetur, voir d'Alès, op. oiK,
fi. De oratione, 19 : « Accepte corpore Domini et reservato utrumque sa'ivum est, et pai'tîGîpatio sacrificii etexecutio offlcii. »
0. Ad uxorem, II, 3. Sur le texte « Calicis aut panis etiam nostri aliquid decuti in terram anxie patiraur » {De carona, 3), voir i*. Batiffql, op. cit., p. 212.