‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 207 sur 1102 · De speclaculis, 2S · texte numérisé non relu

De speclaculis, 2S

{es juifs n'ont porté leurs mains qu'une fois sur Jésus- Christ : eux, c'est tous les jours qu'ils tourmentent le corps du Sauveur ^,

Ce crime est au fond celui que saint Cyprien reproche aux lapsi de la persécution de Dèce d'avoiï commis, et qu'il félicite les confesseurs d'avoir évité. Ceux-ci ont détourné « leurs bouches sanctifiées pai les aliments célestes, par le corps et le sang du Seig-neur, des contacts profanes et des restes du démon ^ ». Les lapsi impénitents, au contraire, à peine revenus des autels du démon où ils ont mangé des viandes immolées, « s'approchent du saint du Seigneur », veulent « ravir le corps du Seigneur » {Domlni corpus inçadunt], faire violence à son corps et à son sang iyis infertur corpori eius et sangidni) . Les mains et la bouche encore tout imprégnées de viandes impures, ces sacrilèges s'irritent de ce que les prêtres ne consentent pas à leur profanation 3. Ne se souviennent-ils donc pas des faits miraculeux par lesquels Dieu a témoigné de son horreur pour ces communions indignes? De cette enfant à qui sa nourrice avait fait manger une bouchée de pain trempé dans le jus des viandes immolées aux idoles, et qui rejeta ensuite les gouttes du vin consacré [sanctificatus in Domini sanguine potus) que le diacre lui donna''; de cette femme qui, ayant sacrifié aux idoles, vit des flammes sortir de la cassette où elle tenait enfermée l'eucharistie, « le saint du Seigneur », pour l'empêcher d'y toucher^; de cet

i. De idoloL, 7 : o ... eas manus admovere corpori domini, quae daemoniis corpora conférant... Pro scelus! Semel ludaei Cliristo manus intulerunt, isli quotidie corpus eius lacessunt. »

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