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autre apostat qui, ayant voulu communier à la messe, ne trouva dans ses mains que de la cendre au lieu du sanctum Domini que le prêtre y avait déposé ^ ?
Ces textes prouvent assez le réalisme de nos deux auteurs 2. Ce qui nous reste à dire ne fera d'ailleurs qu'y ajouter.
Saint Cyprien a dû combattre la pratique singulière de quelques évéques africains qui, pour des raisons d'encratisme montaniste peut-être, ne versaient que de l'eau dans le calice pour la consécration. On les appelait des aquariens. Saint Cyprien a écrit toute une lettre, la lxiii^, pour rappeler que la matière nécessaire de la consécration du calice est le vin trempé d'eau. S'il n'y a point de vin dans le calice, dit Cyprien, comment pourra-t-on y voir « le sang du Christ, par quoi nous avons été rachetés et vivifiés » (2) ? Le sacrifice de Melchisédech offrant du pain et du vin était la figure du sacrifice eucharistique; et dans celui-ci donc Jésus-Christ offre du pain et du vin, « c'est-à-dire son corps et son sang » (4). Jésus-Christ est la grappe pressée dont le jus est « son sang que nous ne pourrions boire, s'il n'avait d'abord été foulé lui-même » (7, 9, 11, 15). Mais, d'autre part, l'eau représente le
1. De lapsis, 26. L'auteur du De speciaculis (Hartel, IH), que quelques auteurs croient être Novatien, dénonce aussi (;J) ce chrétien qui, au sortir de l'église, court au spectacle et, portant encore sur lui, comme il est d'usage, l'eucharistie, va mêler le corps de Jésus-Clirist aux corps impurs des courtisanes : « inter corpora obscoena nieretricum Christi sacruiii corpus... circumtulit ».
a. Les deux passages de Tertullien, Adv. Marc, ni, 19 et iv, 40, contraires, ce semble, à la présence réelle, s'expliquent aisément si l'on remarque que l'auteur voit, soit dans le pain même non eucharistique, soit dans les espèces du pain, la figure de la chair de Jésus-Christ, par allusion au texie de Jérémie (Xi, 19) qu'il commente longuement : « Venite coniiciamus lignum in panem eius, scilicet crucem in corpvs tins. » Il faut tenir compte aussi de l'hyperbate que présente peut-êfr»; le passage : « Acceptum panem et distributum discipulis corpus suum illum fecit, Hoc est corpus meum dicendo, id est figura corporis mei . (IV, 40}. Comparez i4du. Prax., 29 : « Dicendo : Christus morluus est, id est unctus, in quod unctum est morluum ostendit id est carnem. >
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peuple chrétien, et il fatït donc que, dans le calice, l'eau soit mêlée au vin, autrement, s'il ne s'y trouvait que du vin, le sang de Jésus-Christ commencerait d'exister sans nous, et s'il ne s'y trouvait que de l'eau, nous y serions sans le Christ ^ Et l'on en peut dire autant de la farine et de l'eau qui entrent dans la composition du pain^ D'où l'évêqué dé Cartilage prend occasion d'inculquer cette idée, émise dans la Didacàè, que reucharistie est le symbole de l'unitc de l'Eglise, cette Église étant composée de fidèles incorporés au Christ et étroitement reliés entre eux, comme les éléments eucharistiques résultent de grains de blé et de graines de raisin fondus ensemble ^. Mais il est évident que ce symbolisme se surajoute à la réalité, et que le corps moral ainsi figuré n'exclut pas le corps et te sang véritables de Jésus-Christ présents sous les es pèces.
Le pain, le vin trempé, voilà donc ce que nous appelons la matière du sacrement. Comment deviennentils le corps et le sang de Jésus-Christ? On a remarqué que TertuOien, qui a plusieurs fois défini le concept de conversion^, ne l'a pas appliqué à l'eucharistie. Cependant, il suppose évidemment cette conversion dans le texte de VAdversus Marcianem, iv, 40 : « Acceptum panem et distributum discipulis corpus suum illum fecit (Ghristus) Hoc est corpus meum dicendo. » Les deux termes sont nettement marqués : le Christ fait le pain son corps par sa parole, autant dire qu'il le convertit en son corps ^.
A. « Nam si vinum tantuni quis ofTert, sanguis Christi incipit esse sine nobis. Si vero aqua sit sola plebs incipit esse sine Christo » (13).