‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 212 sur 1102 · Epist. I · texte numérisé non relu

Epist. I

LA THEOLOGIE LATLNE AU IIP SIECLE. 441

la question pénitentielle sous Calliste, Corneille et saint Cyprien. Le résultat avait été une affirmation plus solennelle par l'Eglise de son droit, en vertu du pouvoir d«s clefs, de soumettre les pécheurs à la pénitence et de leur pardonner toutes leurs fautes sans exception. Il nous faut maintenant examiner en détail les éléments de cette discipline pénitentielle, voir l'idée que l'on s'en faisait et tâcher d'en saisir, autant que possible, le fonctionnement.

Dans son traité De paenitentia, Tertullien distingue deux sortes de pénitence, l'une préparatoire au baptême, l'autre qui s'accomplit après le baptême s'il est nécessaire. La première a pour but de purifier et d'affermir le catéchumène de façon à rendre durable l'effet du sacrement qu'il va recevoir (vi). Commencée dans la crainte, elle s'achève par l'amendement du pécheur, conséquence naturelle d'une vraie conversion (il, 1, 2). Régulièrement, cette première pénitence devrait être la seule, le chrétien baptisé ne devant plus connaître de défaillances graves. Malheureusement ces défaillances se produisent : et c'est pourquoi Dieu a donné aux pécheurs une seconde planche de salut. « Une fois fermée la porte du pardon, une fois tiré le verrou du baptême, il a voulu qu'il y eût encore une ouverture : il a placé dans le vestibule (de l'église) une seconde pénitence pour qu'elle ouvre à ceux qui frapperaient » (vu, 10 ; xii, 9)^. Les menaces de Dieu aussi bien que les paraboles évangéliques ne s'expliqueraient point sans cela (viii).

Or, cette seconde pénitence ne s'accomplit paS seulement dans le cœur : elle comporte une série

1. On remarquera le parallélisme établi déjà entre le baptême et la pénitence, et qui se continuera. La pénitence est un baptême laborieux. C'est une des preuves de sa qualité de sacrement.

U2 LA THÉÛLOGIE ANTENICEENNE.

d'actes extërieurs qui constituent l'exemologèse, et que TertullicB va décrire ' .

Le premier est l'aveu que l'on est ;coi"upa)ble, la confession des péchés. Tertullien ne dit pas expressément à qui elle iioit être faite 2; mais il ressort de tout son texte ici et dans le De pudicitià, que c'est à l'évêque ou à son délégué. L'expiation que le pénitent doit fournir en effet sdoit être déterminée dans sa nature et sa durée d'après la nature et la gravité de ses fautes^. Or c'est à l'évêque qu'il appartient de fixer cette nature et cette durée, •puisque cette expiation est, au premier chef, une mesure disciplinaire qui intéresse la communauté chrétienne, et qui s'accomplit au milieu d'elle. >11 faut àonc que l'évêque soit, au préalable, informé des fautes qu'il doit punir. Le pénitent est un ^naïade ;: il faut qu'il découvre son mal s'il veut que l'Eglise le guérisse^. En tout cas, saint Cyprien ne laisse aucun doute. Certains chrétiens, sans en venir à l'acte, avaient eu la pensée d'apostasier. Il s'agissait là d'un péché intérieur et secret : l'évêque de Carthage les presse de s'en accuser à l'évêque : « Qui quamvis nulle sacrificii aut libelli facinore constricti, quoniam tamen de hoc vel cogitaverunt, hoc ipsum aput sacerdotes Dei dolenler et simpliciter confitentes exomologesim conscientiae faciant, animi sui ipondus exponant, etc. » Et un peu plus loin : « Gonfiteantur sin-

1. IX, 1, 2 : « m non sola conscjentia proferatur sed aliquo etiam actu administretur. »

2. De paen., Vill, 9. iLe passage • qua délictum^Dominocoilfitemur » (IX, 2) est en effet général et vague : tout aveu fait à l'évêque est, en définitive, fait à Dieu qu'il représente.

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