‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 215 sur 1102 · Tertull., De j.aenil., IX, 5, 6; X · texte numérisé non relu

Tertull., De j.aenil., IX, 5, 6; X

7. Sur le iiaitement de l'homicide, voir d'Alès, Ledit de Calliste, p. 350 et suiv.

l'Eglise de remettre tous les péchés, en limitait l'exercice dans des cas exceptionnels, et, pour maintenir chez les fidèles une salutaire frayeur, allait quelquefois jusqu'à refuser, même au dernier moment, la réconciliation et la communion ecclésiastique aux pécheurs coupables de certains péchés plus énormes et plus scandaleux. Saint Cyprien note que ce rigorisme fut pratiqué dans quelques Églises d'Afrique à l'égard des moechi^ ^ et le pape Calliste, nous l'avons dit, dut réagir, par son édit, contre cette tendance. Elle persista cependant en Espagne, où l'on voit le concile d'Elvire, vers 300, refuser la communion, c'est-à-dire — suivant l'interprétation plus probable — la réconciliation à vingt catégories de pécheurs, coupables d'homicide, d'immoralité ou d'idolâtrie 2. Saint Cyprien et son concile avaient pris, on se le rappelle, la même décision vis-à-vis des lapsi qui, refusant de faire pénitence pendant leur vie, demanderaient la réconciliation seulement au moment de la mort^ ; et celte décision fut conservée par le concile d'Arles de 314, canon 22. Mais les canons d'Elvire s'expliquent par un rigorisme spécial à ce concile, et les autres cas sont des exceptions. Les pénitents sincères, placés dans les conditions voulues, étaient réconciliés lorsque était achevé leur temps d'épreuve *.

Cette réconciliation avec l'Eglise et avec Dieu, cette rémission des péchés s'opérait par le ministère de l'évêque : « Ego et moechiae et fornicationis delicta paenitentia functis dimitto », avait écrit Calliste^; et même TertuUien montaniste ne conteste pas que l'É-

i. Epist. LV, 21.

a. Voir hefele-Leclercq, Histoire des Conciles, I, 1, 221 et suiv.; et cf. s'A LÈS, L'édit de Calliste, p. 376.

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