Roi:th, l. C
11. Paul parlait même d'une différence de constitution entre Jé»u»- Clirisl et nous (Routii, l. c, 311).
12. Voir, pour ce qui suit, les fragments des Discours de Paul à Sabiniis dans Rodtii, L c, 329, ou mieu'c dans F. Diekamp, Doclrina Palrum ae incarnat ione Verbi, Munster in W., 1907, p. 303 et suit.
PAUL DE SAilOSATE. LE MANICHEISME. 465
nous sauve, en même temps qu'il rend indissoluble son union avec Dieu.
Alors se produit son apothéose. La pureté de sa vie aussi bien que ses souffrances lui valent un nom au-dessus de tout nom^; il est établi juge des vivants et des morts, revêtu de la dignité divine, si bien que nous pouvons l'appeler « Dieu né d'une vierge, Dieu manifesté de Nazareth », ôeov ex t9)<; TuapOévou, ôeov Ix
Et c'est dans un sens analogue que nous pouvons parler aussi de sa préexistence : car Jésus ne préexistait point substantiellement et personnellement à sa naissance (oùat'a xal bitoa-zoLCii) ; mais il avait été prévu et prédestiné par Dieu, annoncé et prédit par les prophètes, et ainsi il existait d'une certaine façon dans les desseins de Dieu et les oracles qui l'annonçaient : TM [xèv Trpoopiff(ji.5) Ttpo altoviov ovTa ^.
Tel est en résumé le système de Paul : nous reconnaissons sans peine l'adoptianisme. Entre les idées qui s'y font jour, il faut remarquer celle de la valeur des actes personnels opposée à l'excellence résultant de la seule nature. Ce qui vient de la nature n'a rien de méritoire ni de supérieur : c'est l'effort de la volonté, le mérite personnel qui fait la vraie grandeur. Jésus n'est pas Dieu par nature : il est mieux que cela ; il l'est devenu par sa vertu. D'autre part, le système, par sa façon d'expliquer l'union de l'homme et du Verbe, préludait au nestorianisme. Les adversaires de Paul l'aperçurent très bien, et cela lui valut d'être souvent nommé — et anathématisé — dans les controverses christologiques postérieures.