‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 228 sur 1102 · Fragm. 3 à Sabinus · texte numérisé non relu

Fragm. 3 à Sabinus

'i. Contra ApoUinarium, II, Z; cf. S. Grégoire de Nysse, Antirrhtticon. IX ; S. Atuanask, De synodis, «», 26, lY. 3. Contra Apollinar., II, 3.

466 LÀ. THÉOLOGIE ANTÉNICËËNTSE.

Les évèquès dû «ôncilé d'Aritiôôhe îjoûdàmnèï'ent cette façon de voir. Les fragments de leur lettre synodale conservés par Eusèbe ne touchent malheureusement que fort peu au côté dogmatique de là question ^ . En revanche, un incident dé cette condamnation nous est connu, dont on né parla cpié plus tard, mais qui est du plus haut intérêt. Les semi-ariens réunis à Ancyre en 358 objectèrent à l'acceptation du mot ô;jLoou(iio; que le terme avait été repoussé pat lés Pères qui excommunièrent Paul dé Samosàté, comme ne convenant pas pour exprimer les rapports du Fils et du Père. Saint Athanase [De sijnodisy 43, 45), Saint Basile {Epist. m, 1) et saint Hilaire [De spnodis, 81, 86) qui ont rapporté l'objection, ne semblent pas mettre en doute le fait allégué : ils prétendent seulement que les évêques du concile d'Antioche n'entendirent pas le terme ôaoouffioç dans le même ééns que les Pères de Nicée. D'après saint Athanase et saint Basile, Paul aurait fait à la divinité essentielle de Jésus- Christ l'objection suivante : Si Jésus-Christ n'est pas, d'homme qu'il était, devenu Dieu, il est ô{xoo^aic(; tw «arpt, et dès lors le Père et le Fils dérivent d'une même substance, antérieure à eux î c'est-à-dire, comme l'explique saint Hilaire, pour que Jésus-Christ soit SuLoouffioç au Père, il faut que Ce qu'il y a de divinité en lui soit quelque chose d'impersonnel, qui ne soit pas une autre ouoCa (dans le sens de personne, de subsistance) que le Père, autrement nous devrions les considérer l'un et l'autre comme dérivant d'une ou<Tis première à laquelle ils participeraient. Dan s ce raisonnement, oûffia équivalait, suivant la pensée de Pàul,

1. Une autre leUre qui aurait été écrite par six évêques présents au concile, et que nous avons encore (RouTir, l. c, 289 suiv.), contient au contraire sur la divinité de Jéstts-Chrisl et contre les erreurs de Paul une profession de foi détaillée et documentée. Mais son authenlicitd est fort douteuse.

PAUL DJE SAJVWSATE, Lp l^AÇ^IÇiJÉIgl^E. 467

à &7roffTflKJK, et le ooncile rejeta ri^^Aoçuçioç ainsi entendu. Cette explication est plausible, cl'autant plus que les mots QÙçtof et ôjrQ(jT«ffiç ne reçurent que pliis tar(i leur significatioii trancliée et exclusive.

Par l'intePiné^idre de Paul de Sampsçtte et de son contemporain, Lucien çt'Ar^tioclie, radoptianisjne rejoint rarianisme, Celiji-ci re^ieiidra l'idée fondamentale de la nen- divinité de JésusnChrist, mais il transigera sur la personnalité du Logps, don^i il fera un être supérieur incarné e© Jésus,

$2. — Le manichéisme ^

Le manichéisme n'est pas im systèpie chrétien ni proprement une hérésie, et il n'aurait aucun titre ^ une place dans une histoire des dogmes, sans les em-r prunts qu'il fit plus tard au christianisme et les nom-

1. Sources : On a divisé en deux grandes catégories les sources qui peuvent servir à l'histoire de la doctrine manichéenne : les saurcei orientales et les sources grecques et latines. I. Les sources orientales, plus importantes, comprennent elles-mêmes : 1» Les sources mahomèlanes : KiTAB-AL-FiumsT (vers 980), édit. G. Fluegel, Leipzig, 1871-72. Suaukast TANi (xii" siècle), Kitab-a.l-milal wan nuhal, édit. Qhreton, traduct. Tu, BxiRmi2C]^%R,Shahv<istani's Religions partheienundPhilosophenschulen^ Halle, 18oO-18Sl. G. Aboulfaradje (f 1286), Historia orientalis, édit. Pococke, Oxonlae, 1663-1672. Les renseignenients et extraits donnés par Tabari (x« siècle), Al-Biuunî (xi" siècle) et les autres. — 2" Les sources chrétiennes : S. Éphrem, surtout S. Ephraemi syri,.. opéra selecla, éd. OvEiiBEÇK, Oxford, 1863. EssiR, Uéfutat.iqn des diff'éretiles seçlçs, trad. par Le Vaillant de Florival, Paris, 1833. Eutychius, Chronique, édit. Pococke, Oxford, 16-28. TnÉODORE BARKosf, Éskolion (édit. Pogxon, Inscriptions mandaîtes, Paris, 1899), du ix" siècle, rr^ II, Sources grecques et latines ; Euspni:, Htst. eccl., \IJ, 31, Hegempkius, ÀctaArchelai (éd, Ç. H. Beesox, et P. G., X).Les réfutations signalées plus loin; les béréséologistes, surtout S. Èpipux^e,- Ilaer. LXVI, et S. lExa Damascène, De haeresibus, Dialogus contra Manichaeos ; 'Ç^OTivi, Biblioth., çod. 179; enGn les traités de S. Aur.rsTiN contre les manichéens. —Travaux : Beawso- RKK, Histoire critique de Manichèç et du Manichéisme, Amsterdam, i73i. Fluegel, Mani seine Lehre und seine Sçhriften, Leipzig, 1862. K. Kkssler, Mani, Forscùiungen ûber die manichqçisçhe Religion, BerliQ, .1389. F. B.0CH4T, SsM9i sur Md^i ej sa, doctrine, Çeftève, 1897.

468 L.\ THÉOLOGIE ANTÉNICEENNE.

breuses réfutations dont il fut l'objet de la parf des écrivains ecclésiastiques.

11 est né en Orient, et a tiré exclusivement du paganisme ses doctrines fondamentales. Il dérive de la vieille religion naturaliste babylonienne et chaldéenne complétée par des éléments pris du parsisme et du mandaïsme. Or le mandaïsme était peut-être relié à l'elkasaïsme : certaines pratiques et idées chrétiennes y avaient en tout cas pénétré, et l'on peut supposer que, par cette voie indirecte, quelque chose du christianisme s'est, dès le principe, glissé dans le système de Mani. Je dis qu'on peut le supposer, car le fait lui-même n'est pas établi. Quant au bouddhisme, Baur lui accordait jadis, dans la formation du manichéisme, une influence considérable; on est bien plutôt disposé actuellement à regarder cette influence comme nulle.

Il est difficile d'ailleurs, au milieu de la multiplicité et des divergences de nos sources, de se faire une idée complète et sûre de la vie et de l'enseignement de Mani. Les grandes lignes seulement peuvent prétendre à l'exactitude. Mani dut venir au monde à Mardinu, au sud de Ctésiphon, vers les années 215-216, et fut élevé dans la secte des mugthasila ou baptistes, à laquelle son père s'était agrégé. Mais plus tard, il reçut des révélations particulières, et se mit, en 242, à prêcher son propre système en Babylonie, en Perse, dans le Turkestan et même dans l'Inde. Une conspiration des mages le perdit. Le roi de Perse Bahram I le fît saisir et décapiter à Dschundisabur, vers 276-277 ^

1. Le Fihrist attribue à Mani sept principaux ouvrages dont on trouve aussi la trace ailleurs. Ce sont, en syriaque : 1* Le Livre des mystères, les MavtxaîouiJLUffT/ipiade saint Épiphane {Haer. LXVI, 13; Acta Archelai, 62); 2° Le Livre des Géants; 3» Le livre des Règles pour les auditeurs, identique probablement àr^lpfslu/a/undamentt de saint Augustin, etau Kcça).aî(ov ^iSXiov des Acta Archelai (62) et de saint Épiphane; 4* La

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