‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 235 sur 1102 · S. Athanase, De sententia Dionysii, S · texte numérisé non relu

S. Athanase, De sententia Dionysii, S

3. Les sources principales sont : Saint. Athahase, Ea^ositio fideif t; Oraiio conira.AriimoSi^mi3S;lV, 2, 3, 9, i3i \Sr n-, De synodis, i6; Di decretis nicaenae synodi. Saint Hilaire, De Trinitate,IY, 12:^ Saint Épiphase, Haer. LXII.

484 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE,

sonnes distinctes : ils sont seulement trois aspects, trois virtualités, trois modalités et comme trois noms du même être (wçelvwtlv jAia ÔTroffTacrsiTpeïç ovojjLKct'aç). Les sabelliens, continue saint Epiphane, apportaient ici, pour rendre leur pensée plus intelligible, la comparaison du soleil : le Fils est comme la lumière, le Saint- Esprit la chaleur, le Père la forme orbiculaire de l'astre (tov Sï TraTe'pa auTov Eivai to sTSoç Tcaffïiç t^ç uTroffTaffsox;) ^ .

De plus, remarquons -le bien, chacun de ces trois états est temporaire et transitoire. L'uîoTtaxojp cesse d'être Père dès qu'il s'incarne et devient Fils ; il cesse d'être Fils dès qu'il apparaît comme Saint-Esprit 2. Ce qui est Fils en Jésus-Christ, c'est l'humanité unie à Dieu: une fois l'union rompue, la filiation cesse d'exister. Toutes ces transformations s'expliquaient par un double mouvement dans la monade d'expansion et de retrait, TrXa-cuafjiôç, auaxokri, qui en dilatait ou en concentrait l'action, et qu'on nommait la SiàXe^iç divine.

Ainsi, cette forme de Sabellianisme se distinguait de l'ancien patripassianisme : 1° par le caractère transitoire des divers TcpoffojTra : on ne pouvait plus dire que le Père avait souffert; 2° par l'introduction dans le sytème de la personne du Saint-Esprit, dont il n'était pas autrefois question; 3° par l'égalité établie entre les trois aspects, Père, Fils et Saint-Esprit. Le Père, comme tel, n'était plus la source de la Trinité : il devenait une modalité secondaire et temporaire : l'erreur subordinatienne se trouvait ruinée par la base ^.

Tel était le système, ou quelque chose d'approchant, qui se répandit en Egypte et dans la Pentapole sous l'épiscopat d'Héraclas et de Denys. Ce dernier écrivit,

i. Salnt ÉPiPiiAKE, Haer. LXn, i.

2. Saixt épiphane, Haer. LXII, 3, L'auteur de l'Or. 7F contra Arian., 25, suppose au contraire que c'est le Père qui apparaît ainsi comme fils et Saint-Esprit, tout en restant Père.

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