Haiinack, Gesch. der altchr. Litei\, Die Ueberl, p. 4i
chéisme une sorte de substance. Adamantius combat cette erreur. Le mal moral n'existe pas en soi : c'est un accident, le fait de la liberté angélique ou humaine. Le bien essentiel n'en saurait être l'auteur ni le sujet : seul, le bien participé en est capable à cause de sa liberté imparfaite (m, 8-10, 13; iv, 10, 11; cf. i, 28). C'est aussi la réponse de Methodius ; mais il remarque bien qu'elle est incomplète. Le péché, œuvre de la liberté, tient aussi, par ses racines, à notre condition actuelle. La chair se trouve inclinée au mal depuis que le démon a soufflé en nous la corruption en faisant tomber Adam * . L'état de notre premier père nous a été transmis, et la lutte contre les penchants qui en viennent est pour nous un devoir qui ne cessera qu'avec la vie ^.
Notre-Seigneur a été précisément envoyé pour nous aider dans cette lutte, « pour compléter lo pouvoir de la liberté humaine ^ » , mais d'abord pour nous racheter du péché. Le Verbe s'est fait homme (evavQpurtr'craç)^; il a pris de la Vierge Marie une chair terrestre, la chair d'Adam, une chair semblable à la nôtre puisqu'il devait sauver la nôtre, et parce qu'il convenait que le démon fût vaincu par le même homme qu'il avait séduit^. Par cette incarnation, le Verbe ne s'est pas transformé en la chair : il ne s'est pas dépouillé de sa divinité^ : il s'est seulement uni intimement à une humanité (ffuvevtoiia; xai cuYxspâffaç) '^ , d'une union qui laisse subsister les deux natures : ©soç ^v ©udêi xal' yéyovev avôptOTTOç cpuffsi ', — 5vT0jç 6eov xaià 7rveïï[x.a xai ovxio; àvôpio^rov
1. De lib. arbitr., XVU, 4, 5; XVIII, 4 et suiv.; De resur., 11,4, 3; 6, 2.
2. De resur., I, 38, i ; 39., 5 ; 43, 2 et suiv. ; II, 4, 3 ; 6, 3.