‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 255 sur 1102 · Didasc, XI, o · texte numérisé non relu

Didasc, XI, o

5. Voir dans Desys (Eusèbe, H. E., VI, 44; Feltoe, 19-21) l'histoire de la dernière communion de Sérapion.

500 LA THÉOLOGIE ANTÉNICEEXNE. .

sanctifié par les invocations. Priez et offrez (le sacrifice) sans hésitation aucune pour ceux qui dorment (les morts) ^ »

S 5. — La pénitence, l'ordre, le mariage.

On a vu plus haut qu'Origène avait émis sur la pénitence une doctrine déjà détaillée et fort précise. Cette bonne semence ne fut pas perdue, et la crise novatienne, qui atteignit l'Orient comme l'Occident, la fit encore se développer. On peut distinguer dans cette question des principes généraux et des détails pratiques qu'il sera utile, pour plus de clarté, d'étudier successivement.

Le premier principe est le droit et le pouvoir de l'Église et, plus particulièrement, de l'évêque, déjuger les chrétiens pécheurs et de leur remettre leurs péchés. La Didascalie y revient à plusieurs fois :

« Sache, ô évêque, que tu tiens la place de Dieu toutpuissant et que tu as le pouvoir de remettre les péchés ; car c'est à vous, évêques, qu'il a été dit : Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sera délie. Ayant donc le pouvoir de délier, connaistoi toi-même » (vii, 18, 2, 3). « Toi donc, évêque, juge d'abord avec sévérité, puis plus tard, reçois le pécheur avec miséricorde et pitié, pourvu qu'il témoigne se repentir, réprimande-le, pu'iis-le, persuade-le et purifie-le » (vi, 13,4)2.

Le second principe est que tout péché est rémissible

i. XXVI, 22, 2. Voyez encore IX, 36, 4; XII, 57, 6; S8, 3; Canon, eccîes., XXV, XXVI; Fir.siiuEN, Epist. LXXV, iO.

2. Et voyez encore V, 11; VI, 18, 1 ; VII, 20, 9; IX, 34, 4; S. Methodius, De la lèpre, YII, 4-7. Quelques expressions de Firmilien (Epist. LXXV, 4) paraissent supposer que l'évêque ne remet pas les péchés, et incite seulement les pénitents à satisfaire à Dieu. Nul doute cependant qu'en Cappadoce, comme ailleurs, les pénitents ne fussent réconcilies par révéquc. Firmilien veut dire sans doute que le pouvoir de l'évêque est seulement ministériel.

par l'évêque, pourvu que celui qui s'en est rendu coupable soit en état d'être pardonné. Tertullien, on s'en souvient, avait excepté de cette rémissibilité les trois péchés capitaux : même en Occident sa voix n'avait trouvé que peu d'écho. Mais, en Oiicnt, au moment où nous sommes, le novatianisme faisait échec aux décisions de l'Église concernant les lapsi. L'évêque d'Antioche, contemporain de Corneille, Fabius, inclinait vers le schisme^ ; les Eglises d'Asie Mineure et de Cappadoceétaientprofondémenttroublées. Aussi voyons-nous, dans nos documents, les protestations se multiplier contre cette doctrine impitoyable qui condamnait les lapsi, même repentants, aux châtiments divins. Denys écrit à Fabius, à Novatien lui-même, pour tâcher de les ramener; à diverses personnes et Églises, pour les prémunir contre l'erreur-. 11 veut qu'on accueille avec bonté les pénitents et qu'on les réunisse aux autres fidèles ; qu'on absolve les malades bien disposés en danger de mort, et, s'ils reviennent à la santé, que Ton tienne pour valide cette absolution^. Mêmes sentiments dans Firmilien'', mais surtout dans la Didascalie qui ne cesse de recommander de se défier des rigoristes et de pratiquer envers les pécheurs la douceur et la miséricorde (vi, 12, 1; 14, 3, 10, 11; 15, 1, 3; VII, 21). Au reste, dans aucun des documents disciplinaires de cette époque, il n'est question de refus d'absolution. On y trouve bien que les meurtriers volontaires et certains impudiques d'un genre spécial sont soumis à une pénitence qui dure toute la vie ^ ; mais nulle part il n'est réglé qu'ils ne seront pas absous.

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