‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 27 sur 1102 · Martyr, PoL, XIV · texte numérisé non relu

Martyr, PoL, XIV

4. L'ode XIX de Salomon met nettement en relief la personnalité dn Saint-Esprit.

plus explicites, et c'est en propres termes que, à la suite de saint Jean et de saint Paul, on le proclame- Dieu, S'il reçoit souvent, dans les formules liturgiques, le nom de iraîç ôeoû ^, on le nomme plus souvent uïo; ôeoî;. Saint Ciément, citant VEpître aux Hébreux (r, 3-13), l'élève au-dessus des anges, et le représente; comme la splendeur de la majesté divine, engendré de- Dieu, assis à sa droite (xxxvi, 2-5). 11 l'appellerait même Dieu (Traô-4,aaTa auToïï, scilic ôeou , ii, 1), à s'en tenir à la leçon du plus ancien manuscrit, Y Alexandrinus, du v= siècle^. Mais si ce mot n'a pas été écrit par saint Clément à propos de Jésus-Christ, il l'a été certainement quelques années plus tard par saint Ignace, Saint Ignace connaît la doctrine du Logos johannique : Jésus-Christ, dit-il, est le Logos de Dieu sorti du silence pour manifester le Père (Xo'yo; àiro ffiy^ç TcpoeXôwv)^. Au nom de Logos toutefois l'évêque d'Antioche préfère celui de Jésus-Christ. Jésus-Christ « était avant le& siècles auprès du Père » [Magn., vr, !)■''; il est Dieu (6soç Tïjffouç xpi<îToç, Trall.y vu, 1), le Dieu (tov ôeo'v) qui rend sages les fidèles [Smyrn., i, 1) : il est notre Dieu (ô ÔEoç -/iixtov, Ephes., Inscript.; xv, 3; xviii, 2; Rom., Inscript.; m, 3; Polyc, vm, 3), le Dieu d'Ignace (xou ÔEou [Acu, Rom., vr, 3); son sang est le sang de Dieu (Iv al'aa-i- fieou, Eph., I, 1); il s'est ressuscité lui-même- [Smyj'Ti., II, 1)^. « Frères, s'écrie à son tour, au début

i. I Clem., LIX, 2-i; Martyr. Pol., XIV, 1, 3;xx, 2; Didache, IX, 2, 3;, X, 2, 3.

2. C'est la leçon adoptée par M. Harnack. Le manuscrit de Constanlinople et les versions latine et syriaque donnent aÙToû = ^ptatoû.

3. Magn., VIII, 2. Il ne s'agit pas ici de la génération éternelle du. Fils, mais de sa mission ad extra.

4. Sur la préexistence de Jésus-Christ, cf. Odes de Salomon, XXVllï^ IS, 16 : « Ils cherchèrent ma mort et ne réussirent pas, parce que j'étais plus ancien que leur mémoire : en vain, ils se ruèrent sur moi ceux: qui me poursuivaient; c'est en vain qu'ils cherchèrent à anéantir le souvenir de celui qui existait avant eux. » Et cf. VII, 4.

K. Rapprocher de ces textes de saint Ignace les aveux des chrétiens-

126 LA THÉOLOGffi AÎPIÉNEeEiaSHE.

de soû lioniélie, Fauteup de la Secunda démentis, il f-aiit eonsidéreF Jésus-Christ comme Dieu; comme le juge des vivants et des morts^ » ; et de fait, il cite au chapitre rx,, 5, avec l'annonce Xc/ei S ôeo;, la parole de Jésus dans saint Luc (vi, 32, 35). Poly carpe glorifie le Fils avec le Père et veut qu'on l'adore^; et le Pseudo- Barnabe, qui lui fait adresser par le Père au commencement les paroles : Faison& l'homme à notre image, est si bien convaincu de sa filiation divine transcendante qu'il ne veut pas qu'on le nomme fils de l'homme et fils de David (v, 5; vi, 12; xii, 10, 11).

Dans ce concert toutefois on s'est demandé si Hermas ne jetait pas une note discordante, et s'il n'était pas lui-même un précurseur des adoptianistes de la fin du II' siècle qui, nous le verrons, refusaient à Jésus- Christ la divinité réelle et vraie. Les textes qui ont donné lieu à cette difficulté se trouvent dans la Similitude v, chapitres 2, 5 et G, dont il faut rapprocher la Similitude ix, 1,1; 12, 1, 3. Certains auteurs (Harnack, Loofs, Funk) les interprètent en ce sens qu'Hermas, confondant le Saint-Esprit — troisième personne de la Trinité — avec le Fils de Dieu — r deuxième personne — (ô Si uîo? TO uveûfita to ayiov lariv, Simil. v, 5, 2), n'a VU en Jésus-Christ qu'un homme, ou, comme il dit, une chair en qui cet Esprit a habité (xaTcjSxtffev 6 ôeoç elç rfoépxpc, Simil. y, 6, 5). Dès lors, Hermas n'aurait admis, antérieurement à cette inhabitation, que deux termes en Dieu, le Père et le Saint-Esprit : Jésus-Christ ne serait pas vraiment Dieu ; et c'est seulement par la glo-

rapportés par Pline le Jeune, dans sa lettre à Traj^B [EpiiL, X, 97), écrite vers H2-H3, qu'iLronî coutume 66 se réunip à ub joiir lise pour chanter un. hymne au Christ comme à «n J)ieu, • cavxrteiiQvte. Christo quasi Deo dicere secum invicem ».

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