Ps.-Barn., IV, 7, 8; XIII, XIV, 4-G
«. S. 3CN^ tPgf&ïd.viX, 1; il/as«7i--,X, 3.
^. Sur ce i^àîagjapbè, toît spécialeàiieat P. Batïffol, \Éfeîdes â'A-w<. et de théai:q)0»itiV9, 4™ 'sérié, 3«-étMt., Paris, 498*; VÈgUse ii^issaMe
^32 LA THEOLOGIE ANTENICEENiSE.
4ienne. Dans le Nouveau Testament, l'Eglise est considérée tantôt sous un aspect mystique, comme l'épouse et le corps de Jésus-Christ, comme l'assemblée des saints choisis par Dieu en Jésus-Christ avant la constitution du monde [Eph., i, 4, 22, 23; v, 23, 29); tantôt sous un aspect plus positif, comme la société des fidèles gouvernée par une hiérarchie et soumise à des règles précises. Le premier point de vue se retrouve <ians Hermas. L'Église, dit-il, a été créée la première (TrdcvTiov irpwTV] IxTiaôr,} ; c'est pour elle que le monde -existe {Vis. ir, 4, 1; cf. Vis. i, 1, 6), et dans son ampleur elle comprend et les croyants de la terre et les ^lus du ciel ( Vis. m, 5, 1). A son tour, la Secunda démentis, dans un passage curieux et d'une interprétation difficile (xiv, 1-5), — le texte est peut-être corrompu, — parle de l'Eglise première, de l'Eglise •vivante comme d'un être spirituel {^v yàp TrvEufxanxT^), -créé avant le soleil et la lune, et qui a apparu à la fin des temps dans la chair môme de Jésus-Christ. Cet allégorisme s'explique si l'on se reporte aux textes indiqués de saint Paul.
Mais ce point de vue n'est pas celui auquel se tiennent généralement nos auteurs. Clément, Ignace, Polycarpe sont des évéques qui ont affaire à des communautés concrètes, dont la bonne discipline attire d'abord leur attention.
Remarquons d'abord que, sous leur plume, le mot Eglise s'applique également auxEglises locales, existant dans chaque ville, et à l'Église universelle, à l'ensemble formé par ces groupements particuliers reliés entre eux par les rapports de foi, de charité et -d'assistance mutuelle. A cet ensemble Ignace le pre-
et le catholicisme, 6» édit., Paris, 1909; L. Ducbesne, Histoire ancienne de l'Église. I, Paris, 1906; A. Miciiiels, L'origine de Vépiscopat, hon- '^Train, 1900; H. Brcders, Die Verfassung der Kirche, Mayence,
mier et plus tard le Martyrium Polycarpi donnent l'épithète de catholique : « Que là où paraît Tévêque, là se trouve la multitude, de même que là où est Jésus- Christ, là est l'Église catholique » [Smyrn., viii, 8). Cette épithète ici ne différencie pas l'Eglise orthodoxe des sectes hérétiques ou schismatiques : elle garde sa signification radicale et ancienne à' univeiselle, totale, par opposition à partielle et locale. La relation du martyre de saint Polycarpe est adressée « à toutes les chrétientés en tout lieu de la sainte Église catholique » ; et il est dit que Polycarpe, avant de mourir, a prié « pour toute l'Église catholique dans le monde habité^ ». Mais au chapitre xvi, 2 de ce même document, le mot catholique, appliqué à l'Église particulière de Smyrne, ne retient plus évidemment sa signification û!universel : il équivaut à légitime) orthodoxe, et oppose l'Église dont Polycarpe était évêque (luicyxoTroç Tvjç Iv ^IfAupv-ji xaôoXvxYÎç ixxXyieria;) aux conventicules hérétiques qui pouvaient exister à Smyrne. Quel rapport entre ces deux sens ? C'est que ces conventicules, essentiellement particularistes, n'étaient point reliés à ceux des autres villes, tandis que la communauté orthodoxe de Smyrne se fondait pour ainsi dire dans l'unité de la grande Église dont elle était une partie, et en recevait le qualificatif. — Cette grande Église du reste n'était pas seulement catholique en fait, comme étant l'ensemble des Églises particulières déjà existantes : elle devait en droit être et devenir catholique par sa diffusion dans le monde entier; car Jésus est mort pour tous les hommes, et le Christ, « par sa résurrection, a élevé dans les siècles l'étendard pour les saints et pour ses fidèles, aussi bien parmi les juifs que parmi les Gentils, dans l'unique corps de son Église^ ».
1. Martyr. Pol., Inscript. ; VIII, I ; cf. XIX, 2, -2. S, Ignace, Smyrn., I, 2.
134 LA THÉOLOGIE ANTÉNJGÉEKNE.
Et l'Eglise ne doit pas seulement être catholique. : elle sera et elle est indéfectible dans sa doctrine, le Christ, observe saint Ignace, ayant été oint de parfums sur la tête [Matlh., xxvi, 7), afin de lui communiquer cette incorruptibilité {Epk., xvii, 1).
Nous voici donc, comme dans les épîtres de saint Paul, en présence d'Églises organisées, gouvernées, formant des sociétés locales et, par leur union, une plus grande société universelle. Comment sont administrées ces communautés? Notons d'abord le soin <\ue prend saint Clément de faire remarquer aux Corinthiens que le ministère des apôtres n'est point un charisme transitoire, destiné à disparaître avec eux, mais une institution établie par la volonté de Dieu, et dont les apôtres ont eux-mêmes assuré la perpétuité.
« Les apôtres nous ont été dépêchés comme messagers de la bonne nouvelle par le Seigneur Jésus-Christ. Jésus- Christ a été envoyé par Dieu. Le Christ vient donc de Dieu, et les apôtres viennent du Christ : ces deux choses découlent en bel ordre de la volonté de Dieu... Prêchant à travers les villes et les campagnes, ils (les apôtres) éprouvèrent dans le Saint-Esprit leurs prémisses, et les instituèrent comme épiscopes et comme diacres des futurs croyants » (xLii, 1, 2, 4).
Puis :
ï Dans leur prescience parfiaite de l'avenir, ils instituèrent ceux que nous avons dits, et ensuite portèrent cette règle qu'après leur mort, d'autres hommes éprouvés succéderaient à leur ministère. Ceux qui ont été ainsi mis en charge par les apôtres ou plus tard par d'autres personnages -éminents avec l'approbation de toute l'Église, qui ont servi d'une façon irréprochable le troupeau du Christ,, . nous ne croyons pas juste de les rejeter du ministère » (xLiv, 2, 3).
Les ministres ainsi institués ont un pouvoir de gou-
vernement et de direction^ nous le dirons plus amplement tout à rheure; mais ils ont aussi un pouvoir d'ordre; ils exercent des fonctions liturgiques. Les épiscopes dont Clément de Rome plaide la cause auprès des Corinthiens avaient saintement et sans reproche offert à Dieu les dons de Fassemblée {Mok Trpo(j6VEYxovT«ç xà Swpa^ XLiv, 4). D.ftson côté, la Didachè, <jui vieat de parler (xiv) de l'office dominical, de îa fraction du pain qui s'y accomplit et du sacrifice qu'on y célèbre, continue : « Elisez-vous donc des épiscopes et des diacres du Seigneur » (xv, 1). Elle considère par conséqueM ces épiscopes et ces diacres comme les ministres de celte fraction du pain et de ce sacrifice '.
Saint Ignace est le premier auteur chez qui se trouve nettement marquée la hiérarchie à. trois degrés, évêque, prêtres, diacres, et î'épiscopat unitaire ou monarchique, c'est-à-dire la suprématie de l' évêque et, dans «haque église, d'urt seul évêque sur le corps des prêtres (le presbyterium] et les diacres. Cette situation, dont nous constatons Texistence entre les années 100-120= en Syrie et dans la province d'Asie, à Ephè^e, à Magnésie, à Tralles, à Smyrne était générale au railieu du 11^ siècle. Mais l'on s'est demandé si elle remontait aux apôtres et par suite de quelles circonstances le pouvoir de l'évêque s'était élevé ainsi audessus de celui des prêtres.
En fait, et si nous consultons les écrits des autres Pères apostoliques en dehors de saint Ignace, il semble que les catégories des ministres de r&\'angile, conformément à ce que nous avons vu dans les épîtres de saint Paul et dans les A des, aient été dans- certaines Églises, et à la fin du i" et au commencement du