‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 33 sur 1102 · IClem., cf. V, 3, 4 avec Vf, 1; S. Igm., Rom., IV · texte numérisé non relu

IClem., cf. V, 3, 4 avec Vf, 1; S. Igm., Rom., IV

142 LA TSEOLGGIE AîSTÉNiCÊENNE.

blée des fidèles. Rome avait commandé : on îni avait obéi'. »

Vingt ans environ après cette lettre, saint Ignace, lui aussi, paraît bien attril>uer à TEglise de Rome une autorité à part. Dans Tinscription de son épitre aux Romains, non seulement il multiplie, en feveur de leur Église, les termes laudatifSj mais il la désigne comme présidant dans le lieu du pays des Romains (rinç xaà 7rfoxàâr,Tai lï T(57ta> )r^wpCou 'Pciûfxai(»>v), comms dignement ehaste et présidente de la charité (àçioaYvoç x«t Tzpoxa^-

utévyj -urfi ayctTnjç).

Quelle est la portée de ces expressions? — Observons que, dans; le premier texte, les mots tv tôtto) xtX. n'indiquent pas les limites de la présidence de l'Eglise romaine, mais le lieu où elle est établie et s'exerce : TtpoxaOïiTai est au mode absolu : il n'est question à cette époque ni de patriarcat romain ni d'Eglises suffragantes : l'Église de Ronae préside, et le siège de cette présidence c'est la. ville de Rome, h xcVw yjffpio\j 'Pw- {taiwv. D'autre part, l'expression àyÔTt-ti du second passage pourrait fort bien désigner la fratenàté ebrétienne en général, les chrétiens eux-mêmes. Quatre fois au moinff dans, saint Ignace le mot est pris dans ce sens concret ( Ti'alL, xïii, 1 ; Rom., ix,. 3 ; Philad., xr, 2 ; SmT/rn., XII, 1), et il est bien probable qu'il l'est aussi dans Rom., ix, i. Naiws aurions donc ici un; témoignage en faveur de la primauté romaine, mai& san& qu'Ignace explique d'ailleurs quelle en est la nature ni à quoi il la rattache 2.

*. Eglise séparées, Paris, 4896, p. ±i&, *a7.

2. «c Si le martyr s'était adressé à l'évéque de Rome, ces présidences pourraientétre interprétées comme locales : dans son église, c'est toujOTirs l'éTêque qui préside. Iffais ici il ne s'agrît pas de l'évéque, il s'agit de réb'lise. A quoi préside l'Église romaine ? A d'autres églises dans une circonscription déterminée? Mais Ignace n'a pas l'idée d'ime limitation de ce genre. D'ailleurs^ y aiiait-it alors en Italie des communaotéschré-

LE DOGME DAÏÇS LES PERES APOSTOLIQUES. i'a

S 4. — Les rites et le culte chrétiens.

Le rite de l'initiation chrétienne par lequel on devenait membre de l'Église était le baptême régulièrement suivi de la collation du Saint-Esprit et de l'eucbaristie. La tour mystique montrée à Hermas, et qui représente l'Eglise, est édifiée sur les eaux ; et à la question du voyant qui demande l'explication de ce fait, l'Église elle-même répond que c'est par l'eau que la vie des croyants est sauvée et sera sauvée*. Hermas regarde le baptême comme tellement nécessaire pour entrer dans le royaume de Dieu qu'il a fallu, dit-il, que les apôtres elles docteurs, prédicateurs de l'ÉvaDgile, descendissent aux enfers pour instruire et baptiser les justes de l'ancienne Loi déjà morls^. La Didachè est extrêmement précise sur le rite de son administration, et le mieux «st de transcrire ce qu'elle en dit :

VIL Pour le baptême, donnez-le de la manière suivante: après avoir enseigné tout ^îe qui précède, « baptisez au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit »^ dans l'eau courante. [2] S'il n'y a pas d'eau vive, qu'on baptise dans «ne aufre eau, et à défaut d'eau froide, dans de l'eau chaude. [3] Si tu n'as (assez) ni de l'une ni de l'autre, verse trois fois de l'eau sur la tête « au nom -du Père et du Fils et du Saint- Esprit ». [4] Que le baptisant, le baptisé et d'autres personnes qui le pourraient, jeûnent avant le baptême; du

tiennes distinctes, dans leur organisation, de la communauté romaine.. Le sens le plus naturel de ce langage, c'est que TÉglise romaine préside à l'ensemble des églises. Comme l'éVéque préside dans son église aux œuvres de charité, ainsi l'Église romaine préside à ces mêmes œuvres dans la chrétienté tout entière » (L. Duchesne, op. cit., p. 127, 128).

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