Ephes., vu
3. Remarquons seulement que le mot eOj^apiffTta désigne encore ic'
148 LA THEOLOGIE A.MENICÊENNE.
les docètes trouvaient la mort; de plus, en s'éloignant de la synaxe commune et en tenant des conventiculei schismstiques, ils s'attaquaient à l'unité de l'Eglise. Au contraire, Ignace montre dans l'eucharistie, pour chaque fidèle, le principe de l'immortalité et, pour l'Église, le principe de l'unité et de la concorde.
« Appliquez-vous à avoir une [seule] eucharistie, car \:ne est la chair de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et un le calice pour l'unité de son sang, un l'autel, comme un l'évêque avec le presbyterium et les diacres '. » — « Puisse Dieu me révéler que tous et chacun ensemble par la grâce pour le nom [chrétien] vous vous assemblez en une foi en Jésus- Christ, qui selon la chair est de la race de David, fils de l'homme et fils de Dieu, et que vous obéissez à l'évêque et au presbyterium d'un cœur intrépide, rompant un pain unique, qui est remède d'immortalité, antidote contre la mort, pour la vie en Jésus-Christ à jamais^. »
Ici nous trouvons encore le pain rompu (eva àpTov xXwvTEç), mais le pain et le calice sont mis en rapport avec l'autel et avec l'évêque, le presbyterium et les diacres. Ignace vise la liturgie du sacrifice dont l'autel est le centre et l'évêque le ministre principal. Il y revient plus clairement s'il se peut dans la lettre aux Smyrniotes, viii, 1, 2 :
« Que personne sans l'évêque ne fasse rien de ce qui se rapporte à l'église. L'eucharistie doit être seule estimée valide (peâaîa), qui est [faite] sous [la présidence dej l'évêque ou par celui qu'il en a chargé. Que là où se montre l'évêque, là soit le peuple, comme là où est le Christ Jésus,
les éléments consacrés; et qu'en présentant, ainsi qu'il le fait, l'eucharistie comme cette chair t qui a souffert et que le Père, dans sa bonté, a ressuscitée », l'évêque d'Antioche enseigne très nettement l'identité du corps eucharistique et du corps historique du Christ.