Ephes., XX
là est l'Église catholique. Défense, sans l'évêque, soit de baptiser, soit de faire agape \ »
Nous résumerons donc ainsi les données des Pères apostoliques sur l'eucharislie. L'eucharistie est un aliment saint, spirituel qui ne se donne qu'aux chrétiens, aux purs. Elle est le corps et le sang' historique de Jésus-Christ, principe d'immortalité pour ceux qui la reçoivent; symbole et principe d'unité pour l'Église entière. Et elle n'est pas seulement un aliment : la liturgie eucharistique constitue un sacrifice dont l'évêque, les prêtres et les diacres sont les ministres, et qui ne doit être offert que sous la présidence et le contrôle de l'évêque.
Nos documents, en dehors d'Hermas, n'ont pas traité ex professa le sujet de la pénitence. Il s'y trouve cependant quelques indications utiles à relever.
On a remarqué que la Didachè mentionne par deux fois une confession des péchés (£^oaoXoYr,o7j) dont elle ne précise pas la forme, mais qui avait un certain caractère officiel, car elle se faisait dans l'église, Iv lYy.\rr fft'a (iv, 14 ; XIV, 1). L'épître de Barnabe (xix, 12) réitère cette même recommandation de confesser ses péchés, d'après les Deux 9oies. A son tour, saint Clément considère la confession de ses péchés (l'exomologèse) comme une partie de la pénitence (li, 3 ; cf. LU, 1), et la Secunda démentis exhorte les fidèles à ne pas différer leur pénitence après la mort, à un temps « où nous ne pouvons confesser [nos péchés] ou en faire pénitence « (l$ofjioXoYi^<iaffôai r) [/sTaToelv, viii, 3). La pénitence, d'après ces auteurs, inclut donc un certain aveu des fautes commises.
1. 'Ay«i1^ jtoteTv. Il ne s'agit pas de l'agape, mais de l'eucliarislie. Plus haut, le mot §e6aia doit se prendre au sens moral, valide = légitime.
150 LA THÉOLOGIE ANTÉNÎCÉENNE.
Quant à la pénitence elle-même, il est manifeste qu'en ces temps reculés, on la considère comme offerte à tous les hommes, païens ou chrétiens, et comme capable, si elle est sincère, de leur obtenir le pardon de Dieu et de l'Église. Dieu désire que tous ses bienaimés (les chrétiens) fassent pénitence''. Il faut prier pour tous les hommes : pour tous il y a IXtcU ixeTavoîaç^. Ignace met en garde les Philadelphiens contre les hérétiques et les schismatiques ; néanmoins si ceux-ci font pénitence et reviennent à l'unité de l'Eglise et à la communion de l'évéque, Dieu leur pardonnera et les recevra comme siens (m, 2; viii, 1). Valons était un prêtre déchu, venu avec sa femme peut-être à l'idolâtrie par l'avarice : saint Polycarpe toutefois leur souhaite une vraie pénitence et engage les Philippiens âi les considérer comme des membres malades et errants qu'il faut tâcher de ramener et de guérir (xi, 1, 2, 4)3. 11 exhorte les presbytres à se montrer, dans leur ministère, bons, miséricordieux ^ lents à croire le mal, indulgents envers les pécheurs, car tous, hélas! nous sommes débiteurs envers la justice de Dieu (vi, 1). Nous voilà bien loin des rigueurs du montanisme et de Novatien.
A côté de ces indications sommaires cependant, nous avons dans le Pasteur d'Hermas un livre qui a directement pour objet la pénitence, et dont le but est de signaler, avec les défaillances qui se produisaient alors dans l'Église, le remède qui doit les guérir. Les idées de l'auteur ne sont pas toujours facOes à dégager de la forme apocalyptique sous laquelle il les présente, et il faut renoncer à trouver chez lui un système