‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 397 sur 1102 · V, 14, 7; VI, 30,2; VII · texte numérisé non relu

V, 14, 7; VI, 30,2; VII

4. Constit. apostol, II, 33, 2; 87, 15, 21; Vm, 12, 39; 13, 13; 14, 2.

€t le sang du Seigneur ^ . Saint Grégoire de Nysse, on le verra, ne se contente pas d'affirmer la réalité du corps et du sang de Jésus-Christ dans l'eucharistie, il ébauche une théorie de la conversion. L'homme étant composé de corps et d'âme doit atteindre par ses deux éléments à la vie éternelle. L'âme y atteint par la foi; le corps ne pourra y atteindre qu'à la condition d'être uni par la manducation et l'assimilation au corps immortel et ressuscité de Jésus -Christ, seul antidote contre le poison dont le corps humain a été infecté, et qui transformera en lui ce corps mortel ; puisque d'ailleurs un corps ne saurait être dans un autre autrement qu'en pénétrant comme nourriture et comme breuvage jusque dans les entrailles (oià ppwaeox; xai Tro'ffewç xoT; ffTrXflJyyvoiç xaTaîAiyvufAevov) ^. Quant aux textes de saint Cyrille de Jérusalem sur la présence réelle, ils sont classiques. On les trouve surtout dans le catéchèse XXII :

« Lui-même donc (le Christ) aj'^ant déclaré et dit du pain : Ceci est mon corps, qui osera désormais douter? Et lui-même (le Christ) ayant déclaré et dit : Ceci est mon sang, qui osera jamais dire que ce n'est pas son sang? (1)... Donc avec une conviction entière, participons comme au corps et au sang du Christ. Car dans la figure (èv tûtcw) du pain t'est donné le corps, et dans la figure du vin t'est donné le sang pour que tu deviennes, en participant au corps et au sang du Christ, concorporel et consanguin au Christ (au^aaipLo; xal aiva.i\i.Q<; aOToû). Ainsi nous devenons christophores, le corps du Christ et son sang se distribuant dans nos membres (3)... Ne t'attache donc pas au pain et au vin simplement : selon l'affirmation du Seigneur, il y a là corps et sang du Christ. Les sens te présentent cela : que la loi te confirme. Ne juge pas la chose d'après le goût, mais sois convaincu invinciblement par la foi que tu es appelé [à participer] au corps et au sang du Christ (6)... Instruit de ces choses, et convaincu que le pain qui paraît n'est pas pain, bien que le

i. Oral. XLV, 49; Epist. CLXXI

2. Orat. catechet., 37; cf. In baptîsm. Christi (P. G., XLVI, 381).

goût t'en donne l'impression, mais le corps du Christ, et que le vin qui paraît n'est pas vin, bien que le goût le veuille, mais sang du Christ, rassure ton cœur, participe à ce pain comme à un [pain] spirituel » (9; et cf. xn, 1).

Saint Cyrille, on le voit, met une différence entre le chrême de la confirmation et les éléments eucharistiques quant à l'action qu'exerce sur eux l'invocation du Saint-Esprit, bien qu'il paraisse ailleurs les égaler à ce point de vue^ Le chrême ne cesse pas d'être ce qu'il était; il reçoit seulement en lui l'Esprit-Saint pour le communiquer : les éléments eucharistiques, eux, cessent d'être ce qu'ils étaient ; le pain qui paraît n'est pas pain ; le vin qui paraît n'est pas vin : ils sont le corps et le sang du Christ. Et l'on s'explique dès lors pleinement les précautions minutieuses pour n'en rien laisser perdre, et les sentiments de vénération profonde que Cyrille recommande aux communiants 2. C'est en adorant qu'il faut recevoir ces dons sublimes, mille fois plus précieux que l'or et les pierreries, qui doivent nous être plus chers que nos propres membres.

Ainsi donc, ce sont des auteurs à n'en pas douter réalistes , c'est-à-dire qui admettent que l'eucharistie est réellement le corps et le sang de Jésus-Christ, qui nomment cependant le pain et le vin ô[ji.otw|xa, àvTixuTTov de ce corps et de ce sang. Comment expliquer ces mots sous leur plume? Simplement en observant que, pour ces auteurs, le pain et le vin, dans leur être naturel, ou par une institution de Dieu ou de Jésus-Christ, sont déjà une figure, un symbole du corps et du sang du Sauveur ; que ces éléments deviennent en effet, par la consécration — et dans leurs espèces — les signes sensibles du Christ corporellement présent, l'enveloppe

i. Catech. XXI, 3.

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