‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 48 sur 1102 · PoLYC, vu, 1; cf. S. Ion., Smyrn., yii,i-i · texte numérisé non relu

PoLYC, vu, 1; cf. S. Ion., Smyrn., yii,i-i

4. Smyrn., vi, 2; viii; Eph., y, 2, 3; Magn., iv, 1; Philad., 11, 1 ; m, 2, 8 ; IV, 4 ; etc.

§ 3. — Le judéo-christianisme au II" siècle',

Ona vu comment, dans l'Église chrétienne de Jérusalem, avait existé -dès le principe un parti fortement attaché aux observances légales, et jaloux d'en maintenir la pratique, au moins pour les juifs convertis. Les événements qui précédèrent la ruine de la ville par Titus en 70, eurent pour effet de renforcer cette tendance fâcheuse. Dès l'an 68, les chrétiens, abandonnant Jérusalem, se réfugièrent au. delà du Jourdain, dans le royaume d' Agrippa II, à Pella, d'où ils rayonnèrent peu à peu dans les régions adjacentes. Là, dans l'isolement où ils se trouvèrent, leur particularisme étroit ne fit qu'augmenter. Là aussi des divergences doctrinales se produisirent bientôt entre eux qui les partagèrent en plusieurs groupes moins nettement tranchés, il est vrai, que cet exposé ne le fera paraître, mais qu'il est possible cependant de distinguer.

Il y eut d'abord un groupe nazaréen, conservant, avec un grand attachement à la Loi et à ses prescriptions, l'essentiel de la foi chrétienne, et un groupe ébionite qui versa complètement dans l'hérésie. J'adopte pour plus de clarté ces dénominations pour désigner les deux parties de l'ancienne Eglise hiérosoly-

d. DucHESNE, Hist. anc. de VÈgl., I, chap. ix. Hilgenfeld, Die Ketzer- (jeschicMe des Urchrislentums, Leipzig, d884. Hilgenfeld, Judentum und Judenchristentum, Leipziy, 1886. Lucius, Essenismus in seinem Verhâllniss zum Judenlhum, Strassburg, 1881. J. Lakgen, Die Klemensromane, Ihre Entstehung und ihre Tendenzen aufs neuc untersucht, Gotlia, 1890. G. BioG, The Clémentine Homilies. Stiidia biblica et ecclesiastica, II, Oxford, 1890. F. W.Bussell, The purpose of the loorldprocess and the problem of the evil as explained in the Clémentine and Lactanlian writings : Studia bibl. et eccles., IV, Oxford, 1896. H. WAiTz, Die Pseudoklementinen Homilien und Rekognitionen, Leipzig, 1904. G. HoENNicKE, Dos Judenchristentum im I. und 2. Jahrhund., Berlin, 1908.

LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉKNNE. 11

182 LA THEOLOtSlË ANTENiCEENiNE.

mite, bien qu'en pratique on en brouillât l'emploi'. Puis, parmi les ébionites, un certain nombre se trouva en contact avec les èsséiliens. et de ce contact naquit — au commencement du ii'* siècle peut-être — la nuance d'ébionisme qui est représentée par lés àfpocryphes clémentins au iii^ siècle, et décrite par sâinl Epiphanèau iv^iJHaeres. xix). Enfin sur ce fond d'ébionisme éssénièn se détache encore la secte particulière des elkasaïtes.

Ainsi, autant qu'il est permis d'en juger, l'ancienne Église de Jérusalem se serait décomposée 'an début du 11^ siècle d'abord en nazaréens et ébioniteB; puis de ces derniers seraient venus lés ébionites esséniens dont les elkasaïtes seraient une branchfe spédàle.

Quelle était la doctrine de ces divers groupes ?

Il ne semble pas qtie, sauf par leur attachement exagéré à la Loi, et par une conception sans doute trop étroite de rÉvangile en général, les nazaréens aient différé, dans leurs croyances, des autres Églises helléniques. Saint Jérôme, qui les connut à Bérée (Alep), déclare à saint Augustin, dans sa lettré cxir, 13, « qu'ils croient au Christ, Fils de Dieu, né de la Vierge Marie, qui a soufiEért sous Ponce-Pilate, est ress'uscité, en qui nous croyons aussi >>. Il ajoute, il est vrai, qFu'éh voulant être à la fois JTiîfs et chrétiens lis ne sont iii l'un ni l'autre : dum çolutit et iudaèi éWé et chrîstîani, hec iiidaei sunt nec christiani; mais ce qui les empêche d'être chrétiens c'èstùniquement leur obstiïiàtîbh à vivre à la juive; car le même saint Jérôme témoigne ailleurs qu'ils ne repoussaient pas l'àpôtre PauP. ^^ Remontons

i. s. JÉRÔME, Epist.iSAl, ad Augustinum, 13. Cf. Harnack, Lehrb. der DG., I, p. 323, texte et note 2.

2. In Isaîdin, lib.III, «àp. ix, i (P. L., XXIV, 125). Ces nazaréens paraÎEfsènt bien être ceux dont parle saint 'Épiphané, ffaer. xxix, 1, 7-9. Bien qu'il déclare qu'iJssontjûifsetpsis autre cliose(7), les détails qu'il donne prouvent le contraire.

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pins haut. Il semble bien qu'Hégésippe, l'auteur des Mémoires, a été un clirétien de ce groupe ' . Or, il entreprend, vers 150j un voyage en Occident et se met en rapport avec un grand nombre d'évêques, notamment avec ceux de Corinthe et de Rome : il examine la doctrine qu'on enseigne dans les Églises et il la trouve conforme à la sienne, « conforme à ce que prêchent la Loi, les Prophètes et le Seigneur- ». Si l'on remarque maintenant qu'au moment où écrivait Hégésippe (vers 180), saint Irénée représentait la secte ébionite comme absolument hérétique^, il faut bien convenir que tous les judéo-chrétiens n'en faisaient pas partie. — Enfin, dans son Dialogue avec Tryphon (xlvii), saint Justin parle de chrétiens qui acceptent tout l'Evangile, mais qui restent attachés à la loi de Moïse. Il croit, pour lui, qu'ils pourront se sauver et qu'on doit les regarder comme des frères avec qui on est en communion, pourvu qu'ils ne prétendent pas imposer aux chrétiens de la Grcntilité ces mêmes observances. Ce sentiment, ajoutet-il, n'est pas, il est vrai, celui de tout le monde, et certains chrétiens ne se mêlent point à eux. Puis, au numéro xlviii, notre auteur mentionne encore des juifs d'origine (xivèç àTcb toïï ôfxgTÉpou ysycoç"^) qui admettent la messianité de Jésus, mais non sa divinité, opinion, contintie-t-il, que je ne saurais partager non plus que la masse de ceux qui sont avec moi.

Ces Juifs sont-ils les mêmes que les chrétiens dont il a parlé au numéro précédent? Non, sans doute. En tout cas, il paraît bien certain qu'il a existé, au ii« siè-

1. EI.SÈBE, Hist. eccles., IV, 22, 7; cf. S. Jérôme, In Ezechielem, lib. IV, cap. XYi, 13 (P. L., XXV, 137).

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