‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 5 sur 1102 · LA THÉOLOGIE ANTÉNIOÉENNE · texte numérisé non relu

LA THÉOLOGIE ANTÉNIOÉENNE

l'objet de la foi chrétienne : « Le Christ divise en deux [parties] la discipline chrétienne, la partie morale et l'exactitude des dogmes'. »

Ce idernier usage a prévalu. Un dogme siesl donc une vérité révélée et définie comme telle par l'Eglise, une vérité dont l'acceptation s'impose à la foi du chrétien. Le dogme ou les dogmes, c'est i'en^emblB des vérités ainsi iîévélées et définies.

A prendre les choses à la rigueur, le dogfne chrétien se distingue de la. doctrine chrétienne. Le premier suppose une intervention «xplicite 4e l'Eglise se prononçant sur un point déterminé de la doctrine; la seconde embrasse un champ un peu plus vaste : elle comprend non seulement les dogmes définis, mais de plus les enseignements qui sont d'une prédication ordinaire «t courante, avec l'approbation certaine du magistère.

Les dogmes ont la prétention de n'être que la traduction en des formules techniques, en un langage net et précis, des données de la révélation, des enseignements de l'Écriture ou de la Tradition chrétienne primitive. Entre les enseignements de Jésus-Christ ou de saint Paul et ceux du concile de Nicée ou du concile de Trente, il n'y a certes pas ressemblance verbale, mais il y a équivalence, il y a identité de fond. Ceux-ci ne font que reproduire les premiers. C'est ce qu'affirme l'Eglise catholique. La question se, pose néanmoins : comment de l'Evafigile et de saint Paul ou de saint Clément est-on venu aux formules deKicée ou à la profession de foi de Pie IV? Quelle marche a suivie la pensée chrétienne dans cette évolution qui Ta conduite ainsi des éléments primordiaux de sa doctrine à l'épa-: nouissement de sa théologie ? Quelles ont été ses étapes

1. Epist. 24; P. G., XL VI, 1089, A : Aiatpet (éXpioToç) eîç Wot'iv t«3v Xpiffttavwv TtoXiTîîav, sîç xe to ^Qixàv (iépoç xocî et; tyiv tûv ivypi'Zùi-i ixpÉêEtav.

INTRODUCTION. 3

dans cette voie? Quels entràîn'einents ou quels arrêts, quelles hésitations y a-t-eil« suMs? Quelles cïTConstances ont menacé de l'en faire dévîeT, ^t quelles déviations en eîFet se sont produites dans certaines parties de la conamunauté Chrétienne? Par quels hommes et par quels adtes ce progrès s^est-il accompli, et quelles idées dîrBCtrices, quels principes dominants en ^nt déterminé le cours ?C'œtà ces questions que =doit répondre VHhtoireâes dogftves. L^histoîre des dogmes a donc pour objet d« nous exposer le travail intime de la pensée chrétienne sur les données primitives de la Révélation, travail par lequel elle en prend une plus complète possession, elle les éclaire, ites féconde, les développe, et les coordonné enfin en un système harmonieux et savant, sans en altérer cependant la substance — c'est l'affirmation catholique, — et sans en modifier le fond doctrinal. •//

Il est aisé de voir par là que l'histoire des dogmes n'est qu'une partie détachée de l'histoire ecclésiastique. Cette histoire en effet doit raconter la vie de l'Église, sa vie -intérieure comme sa vie extérieure, la vie de sa croyance et de sa foi par eonséquent et les vicissitudes que cette vie a traversées, comme la vie et les vicissitudes de ses institutions, de son culte, comme les progrès de son apostolat el, les événements qui^)nt marqué ses relations avec les puissances humaines. Croire et enseigner la Tërité est pour éette Église le premier des biens comme la premièTe des fonctions. Une Histoire de rÉglise tant soit peu digne de ce nom né saurait donc négliger l'histoire de son enseî^nemenl et de sa foi, rhîstoire de ses dogmes.

11 importe ■maîhteiaant de distinguer l'histoire des dogmes des stnences ïhéologîques qui •offrent avec elle quèlqwe rapport.

4 LA THÉOLOGIE ANTÉNIOÉENNE.

On a mis plus haut une différence entre le dogme chrétien et la doctrine chrétienne, celle-ci étant plus étendue que celui-là. Par conséquent, une histoire des dogmes n'est pas tout à fait une histoire de la doctrine chrétienne. En pratique cependant, il faut à peu près les confondre, une histoire de la doctrine chrétiennne comprenant nécessairement l'histoire des dogmes, et celle-ci, à son tour, ne pouvant présenter un tableau historique complet des enseignements de l'Église, si l'on en exclut ceux de ces enseignements qui n'ont pas été l'objet de décisions solennelles.

En revanche, il faut nettement distinguer de l'histoire des dogmes Yhistoire de la théologie^ cette dernière s'appliquant à exposer non seulement le progrès des doctrines définies ou généralement reçues dans l'Église, mais aussi la naissance et le développement des systèmes et des vues propres aux théologiens particuliers. Elle comporte d'ailleurs sur la vie, les œuvres et la méthode de ces théologiens des détails dans lesquels l'histoire des dogmes ne saurait entrer.

On ne confondra pas davantage l'histoire des dogmes avec la Théologie positive non plus qu'avec la Patrologie ou la Patristique. La théologie positive est cette science qui établit la vérité des dogmes chrétiens par les témoignages précis de l'Écriture et de la Tradition, mais sans en suivre d'ailleurs le développement à travers les siècles : la démonstration y tient plus de place que l'histoire. Quant à la patrologie et à la patristique, «lies s'occupent uniquement l'une et l'autre de ces écrivains qu'on appelle les Pères de l'Église. La première étudie leur vie, catalogue l«urs ouvrages, en discute l'authenticité, en mentionne les éditions, en un mot considère ces ouvrages surtout par le dehors; la patristique en examine et en expose la doctrine, en révèle les trésors. Toute» deux sont, à la vérité, des sciences

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subsidiaires, des auxiliaires indispensables de l'histoire des dogmes ; mais celle-ci déborde évidemment le cadre où elles s'enferment. A côté des Pères, l'histoire des dogmes consulte d'autres monuments de la croyance chrétienne, symboles, liturgies, décrets des conciles, monuments figurés, etc. Par delà l'époque patrîstique, elle poursuit jusqu'à nos jours l'évolution de la pensée religieuse. Elle constitue donc bien une science à part, d'un objet bien défini et d'un domainenettement limité.

Il est aisé, ce semble, grâce à ces distinctions, de se faire une idée juste de ce qu'est l'histoire des dogmes. 11 est plus difficile de dire à quel moment précis il lafaut faire commencer, et dans quelle mesure elle comprend ou exclut l'histoire de la Révélation elle-même. Les dogmes, en effet, n'étant, suivant l'enseignement catholique, que la révélation réduite en formules, leur origine première c'est l'acte ou la série des actes révélateurs, et leur substance, leur état premier, ce sont les enseignements de l'Ancien Testament, ceux de Jésus-Christ et des apôtres, c'est la théologie de l'Ancien et du Nouveau Testament. Une histoire complète des dogmes devrait donc comprendre et une histoire de la révélation, et un exposé de cette théologie. Mais c'est là, on le comprend, un champ immense et où dessciences spéciales se sont déjà installées. Le mieux est de n'y point eiitrer ou d'y entrer le moins possible. C'est le travail de la pensée chrétienne sur les données premières de la révélation et l'intelligence de plus en plus complète qu'elle en a acquise que cette histoire doit surtout exposer. En conséquence, elle se contentera, pour marquer le terminus a quo du processus qu'elle veut décrire, d'un précis des enseignements de Jésus et des apôtres tels qu'ils sont rapportés dans le Nouveau Testament. D'autre part, et afin de noter les

d LA THÉQfcôCada AJSÏÉNfiDÉENNE.

CQaditiana> mà^&ïivi&s^ dans. le^peEes La psensées cJaréticanfr a; eôBaoBteacô et, pjaiiPsuiAîL aorii tuavail, etlesiafliiieniceâ extésmiii&& (pii se sMtt. e-xencées ou qutoat gji SbCisa&ECjeî! &«£ eUâ- eût dehors de^.la Révsélatioa,, L'histoire, daa dogmes desvra doaaaer uiaa idéei du miLku EeUgieux,; philosophique et moral ©.ît ce tiravail s'est aceompli, et signaler les doctrines étEsagèEes professées ajito-ur des, premiera chrétiens. Gette double inr troductioBr suffica.poua3 BattacheE l'histoiBe.dea dogmes à l'histoire de leur origine, sans préjjiugser d'ailleurs les proh^èmes multiples et. délicats, ^m s3uièveBt;ees queatiojas^, et saal à recouEii;, pouxpluSî ample informé, aux. Quvrages.^ùi eni traitent^'»

i. N-'éormttt ]^s ua liyre;<Se Uiéologienî^^it'exposejai ^as ici laithéorle du développement des dogmes telle que la. conçoivent les catholiques ■ou les protestants. Oir peut voir sur ce- sujet- Viscekt-deLébiîîs, €ùmmonitoxiuml, 23', jP.. i>, L,^ 6eî-€S9ç Newhaît, ^n-: cssoy on: tAc dteeer lopment of Christian doctrine, 2» édit., Londres,. 1ST8, et sa critique par J.-B. MozLEYi Theory ofàevelopment) a criticism afDi'^Newman's Essay tl»79>; Dk. e*. Babbi^, La vie da; dogme. eathoUq^ue,, Paris, 1888; îi. MoniLLo, El.prog/esso ea la Reoelacion christiana, Roma,. 1913, et les nombreux artîdies parus sur ce sujet- dans les^ direrses revue», notamment c^a. ée^lt'.o&.fitibUioiuasois dans lau Revue. pràiliq/ijuiidiaffalogétîque, 1908; — Quelq.ues réflexions suffiront pour notr& faut. L'histoire des dogmes suppose que ces dtjgrmes ont passé par certaines Ticissdtadiesv, qu'ils ont été soumis à; certaine! développements! ou. ac> croissemeatSj.car les cboses seules qui vivent et se modifient, onb une histoire. L'existieirce même de ces vicissîlutfes- n'est pas- douteuse, etil suffit d'ousTirles veux pourtes: conalate^, L,'iHipoirtanfr estîdt'eafixBr-lfes caractères et les résultats, d'en; marquer les limites, les causes et: les lois, en un motdedéflnirdansiqueile mesure la substance des dogures est atteinte paœ cett&éT»lation. La q.aest}.OQ. peut^se tisaiter: oi^ paiïla jnéthode tfiêorique, a priori, en parlant de ce que l'Église enseigne, sui Hmmntabilité substactieilé- du dogme, orx a postisriori:, par la méthode imtoifiquei.en lexnieillaati Ie& tcsuitats) qpia.xévèle an« Qtud«; atteaU»« des faits. Cette dernière méthode est celle naturellement que sulvrs l'historien. Les auteura protestants et rationaFiates affil-mant quîeàetes. a conduits à cette: conidusiaa que; les donnée» prisiitiiv^ de la4Ré,%élatii)!i] chrétienne n'ont pas seulement été scientiGqueinent exposées et d.4 veloppéesparlfe dogme ultérieur, mais bien 8ubslantierienren*^alté*ées ètmodiâèea. Veir^djaisv eeseusiw ia déclaration; deK,; llzssschy.Bt'és^is de l'histaire. des dogmes, inXraàuciion, p.,x.,Toutantrcs,,ojï.Ie sait^soni les conclusions atrsquclîes arriva Ne^vmair, encore anglican, fc la sùile ■des mêotesi redierehes histbiiques, et qulil a< ooasjgoées ésesàmn fse

INTMOJDUCTIOX

g 2. — SouKces. de^ l'histoire des. dogmes. Dlv^irsesméthodes qu'on "sr peut suivre. Ses divisions.

II n'est presque pas de branchel^ de la littérature chrétienne qui ne doive ou ne puisse être mise a contribution pour une Êfstoire des dogmes. Au premier rang toutefois, il faut mentionner les sources mêmes du dogme, l'Ecriture et les enseignements oraux de Jésus- Christ et des apôtres consignés dans les documents ultérieurs, puis les symboles, professions de foi, définitions deS: conoiles et des papes, qui en ont fixé la portée et précisé le sens i puis les écrits des Pères et des anciens auteurs ecclésiastiques, et, pour une période moins reculée, ceux des théolbgiens. Les décrets canoniques et disciplinaires, les prières et les chants liturgiques, les inscriptions' et les monuments fi^gurés donneront souvent des indications précieuses sur les croyances intimes de rÉglise à une époque déterminée; les livres apocryphes et les ouvrages des hérétiques en fourniront la contrefaçon ou la contre-partie. L'histoire eGclésias-tique éclairera le milieu où ces croyances se sont déveroppées, et en produira souvent, dans les faits qu elle raconte, des- attestations pîus frappanfes que les textes eux-mêmes. Enfin,, et sans prétendre tout

meus JBTssd^i mentioioné pluahauL Les catholiques les onl, en j^artie, adoptées, rajouferal seulement qu'il s'en faut de beaucoup que la lliéoriëiditdiffTelbppeinttiedéad9gïaes^ bteniqflôi trës^étudèéeide- nos jours*: aoit compUttemeiit achçYée;. On. s'en, est^ tpap tenv généralement à des formules vasûes',, à dfe simples coniparafiTons (l'enfant qui dfevitent bomme, lë-âayaâ^qùi dewKEtJDS asbee^ ete.);i)isafnsamm«at''prâ(}«8a^ear la questionià lAq^e^|e il faux donner une. céponaeteclmiquc et adéquate est cellé-ci : Dans qUels cas une idée ou une doctrine, ràppoifUëeà ttiïe autre iSée sa k- uit& autj«< doettinèv it'eiK estrelié qu'uif siâptè d^elappement, et dans quels' cas en est-elle une aU'ération' ou^un&tîransformation subslantieilè? On peut bien apporter, pour la résolidre, des principes gën.éajïiO'X';- inàis^ ili est^ éf idefit^ 4ue éfiaque» ea»i pMticttlittr <n;qi^ utt «xatnoa sgéici^.

8 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.

énumérer, il sera absolument nécessaire de connaîtra les idées phi] osophiques et religieuses dominantes aux divers âges de l'Église, si l'on veut se rendre compte des courants qui ont pu agir sur la pensée chrétienne, des influences sous lesquelles elle a évolué, et saisir la portée des formules dogmatiques dont la langue philosophique est un des éléments.

Quant à la méthode à adopter dans l'histoire des dogmes, on en peut concevoir deux différentes. Ou bien l'on étudie l'histoire générale des dogmes en suivant l'ordre des temps, et en exposant l'idée que chaque époque et chaque auteur principal s'est faite de l'ensemble et des divers points de la doctrine chrétienne : c'est la méthode que j'appellerai synthétique. Ou bien on prend en particulier un dogme ou un groupe de dogmes se rapportant à un même objet — le dogme trinitaire par exemple — , et l'on en suit la formule et le développement pendant une période déterminée, et, si l'on veut, depuis les origines jusqu'à nos jours : c'est la méthode analytique. Elle permet de mieux approfondir l'histoire de chaque dogme isolément, et d'en mieux apercevoir la marche , mais elle a l'inconvénient de ne présenter qae des monographies détachées, et de n'offrir des systèmes des grands théologiens — d'un Origène ou d'un Augustin — que les disiecta menibra incapables de nous initier à leurs vues intimes et plus générales. Historiquement, d'ailleurs, si parfois quelques dogmes ont paru seuls retenir un assez long temps l'attention de l'Église, les autres n'ont pas été pour cela entièrement négligés. La première méthode — synthétique — a donc l'avantage d'é-

ISTRODUCTIOB 9»

tre plus conforme à l'histoire objective et concrète ; elle permet aussi de mieux marquer les idées et les croyances dominantes à certaines époques, d'indiquer la liaison et la subordination des doctrines les unes visà-vis des autres, de présenter les vues d'ensemble des écrivains dont on parle. Ces avantages l'ont généralement fait préférer par les plus récents auteurs, et c'est celle que nous adopterons ici. Remarquons seulement qu'entre les deux méthodes des combinaisons^ intermédiaires sont possibles et même souvent nécessaires. Il n'y a en tout ceci rien d'absolu.

L'histoire des dogmes commence avec la prédication de Jésus-Christ et s'étend jusqu'à nos jours, car de nos jours encore la doctrine chrétienne se fixe et. s'éclaire. Dans ces dix-neuf siècles toutefois, il est aisé de distinguer, comme dans l'histoire de l'Eglise en général, trois périodes bien distinctes. La première comprend les huit premiers siècles environ : elle se ferme, en Orient, sur la controverse des images et sur saint Jean Damascène (-f- vers 750) ; en Occident, sur la condamnation de l'adoptianisme espagnol, dernier écho des controverses christologiques, et sur le nom d'Alcuin [j- 804). C'est l'époque de la mise en formule,, de la discussian et de la définition des dogmes fondamentaux, la Trinité, l'Incarnation en Orient, en Occident le péché, la grâce, l'Église. — La seconde périodo commence avec Charlemagne ou même un peu avant, et embrasse tout le moyen âge jusqu'à la Réforme et au concile de Trente. L'Église grecque n'y fait presque aucune figure : toute l'activité semble concentrée dansl'Église latine. Un immense travail de systématisation

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reGueille. dans Ja tradition; les éléments^ éofitrinaiix,, et les fond daûs une synthèse, puissante^ en s'aidant dies •données pliilosopliiqueS;SurtQutde l'Acistotélisme.G'ejst l'âge, des SommeSy^ de la théologie, des, sacEements, de -celle des, indulgences., des dévotions secondaiEesv et aussi de celle de la hiérarchie et du pouv.o.ir dans l'E,- ^lise. — Avec le Protestantisme etïe cotuciie de Trente :s'ouvre Tine. troisième; période.. Pendant q ue le premier prétend revenir aux. enseignements primitifs, en faisant ■de l'Écriture l'unique source doctrinale, et de la foi l'unique principe delà justification, le. second consacre en grande partie l'œuvre du moyen âge, et commence contre le naturalisme débordant déjà dans la Renaissance la lutte qui se continuera dans les siècles suivants. Ce n'est plus désormais tel ou tel dogme qui est en pu,, c'est l'existence de l'Église cjomme autorité •enseignante ou même d'un dogme défini (protesLan- 4,isme libéral) ;. c'est l'existence du surnaturel et de la Révélation (rationalisme); c'est la croyance en Dieu, •c'est la valeur de la raison humaine (athéisme, subjectivisme) qui sont attaquées. Si, durant cette période, le dogme s'est développé — et il s'est en effet développé, — il s'est surtout défendu. L'apologie, sous ses diverses formes, y a tenu la première place.

De cette histoire des dogmes ainsi divisée le présent volume n'étudiera que le commencement jusqu'au concile de Nieée (325) : deux autres volumes pousseront l'exposé jusqu'à Charlemagne.

1 3. — Les principaux travaux d'histoire des dogmes.

L'histoire des dogmes, dans sa forme actuelle, ne date que d'un siècle. Les anciens hëréséologues, saint Jrénée, les Philosophoumena, le Pseudo-Tertullien,

saint %ighaiie,^ Philastrius» Thépdcyjftt, etc.j ^sj. les K&tociens oeclésiastvctuejs, Etisèbe^ e;t sçs.cojç^ii.uate,urs, ojat sans doute laissé des matéria,ux; pQuan r.histp^mde la, doctrine dims les. crémiers siè,cle$, mais, ils n^'ont jamais songé à récrire. Ajii moyen, âge, l'idéfi, même d'un développement, dans^ le dogme s.embje, s'être, obscurcie. L'ignorance où l'on était 4^s œuvres dei^ plus a.nciens Pères, le mélange, de, ceS; œuvres avep d'autj:^es écrits apocrj^jyhes mis.au courant des décisions^ cpnciliairQS postérieurej^ ay^fè^i^ndoxmi tout soupçon, sur ce gpint. il fallut la Réforme d'uj^p.'fartj^ de, l'ajitfe l'admiçabîe tçayâil çatri^.t,iijijie d^édftipu,» d^. çé.xi,sipn et de triage accompli par les grands érudits des, x^vif , xvii" et xyiii* iMèples pour rempttro^ en, li^mière, Xq- fait signalé par Yincent de/Lérins au y®, et ram.ener sur ce fait ^attention des» th,éolpg^iens.. L'argument, fojijàAmental du. Protestantisme, cftntre le dogme catholkju,e reprochait à. ce dogme d'être relativement nouyesiu, d'àypir été ignoré de rÉcriture et cies. Pères : A^b. initip non fuit sic. Un examen mjnutieupq de la, d^optrine 4e l'antiquité devenait nécessaire,. 11 fut réalîisjé.en France, avec u^ne compétence hors Ij^ne,^ par le jçsij^ite Petsya {De the^ologicis dogmatibusy 1643-1650) ^ et u^ peu p^u^ tard gïir l'oratorien Xbpmassip^ {'f'heQjpgipadfi^nifaftfii,, . 1680-168Q)'. Petau reste un maitjre q^ii^'il ^aii^4ç^ t4^p^s consulter. En niêmes temps, pa,raiss,ait, à ÀÇQist^rdam l'ouyrage d'un écos^i^, ipfeft for^^çs^ ^. Çp^s^. [Im^VMiiones historico-theologicae, 1645), destiné à montrer l'harmonie de la doctrine réfprmée ayec l'anci^enne prthodoxie ; puis celui de. Gippjç'.gçs. Bb^Us {{Jtefçn^^ç, ^^caenae fidei, 1685-1688), où il défendait cpntçç les Socîniens \^ cypyance tjçipita,irf^, e,t çitti%Qu#it yi»y,§jaft§i^t i'e;xégèse de Petau.

Quelque place que ^înt 4ai,9.^ pes çg.iiyçe^ l'M^tpiîÇ des éftoMaes, elles n'étaient |ias eependai^t. à^ p^pppeme^t

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parler des histoires du dogme. C'est en Allemagne que parurent les premiers essais portant ce titre, et c'est l'Allemagne protestante surtout qui lésa depuis multipliés. On peut grouper autour de six noms l'ensemble des travaux qu'elle a produits sur ce sujet.

Le premier est celui de W. Mùnscher, de Marburg (-{-1814)*. Cet auteur avait été précédé par S. G. Lange dont l'ouvrage 2 était resté inachevé, et son Histoire fut suivie d'une série de manuels sans influence sur les progrès de la science. Mùnscher lui-même était trop rationaliste pour avoir, malgré sa profonde érudition, l'intelligence vraie du Christianisme et de son développement.

Après Mùnscher il faut nommer Neander ^, et les auteurs qui dépendent de Schleiermacher, entre autres Baumgarten-Grusius (f 1843)-* et F. K. Meier (-f- 1841) ^. La tendance est déjà meilleure et plus conservatrice. Le livre de Meier dénote dans son auteur une vue juste de la méthode à suivre : les matériaux y sont bien choisis et disposés avec soin.

Mais Hegel a paru, et, sous l'influence de sa philosophie, une nouvelle conception se produit de l'évolution du dogme. Elle est représentée par F. Christian Baur (-{- 1860) et son école. Outre diverses études consacrées aux dogmes de la Trinité, de l'Incarnation et de la Rédemption, Baur donne un manuel et des lectures d'histoire des dogmes^. Il ne voit plus, comme

1. Handbuch der christlichen Dogmengeschichte, 1797-1809; Lehrbuch der christlichen Dogmengeschichte, 1811.

i. Ausfûhrliche Geschichte der Dogmen, 1796,

3. Allgemeine Geschichte des Christentums, 1823 et suiv.; Dogmengeschichte, ce dernier ouvrage publié par Jacobi, en 18S7.

4. Lehrbuch der christlichen Dogmengeschichte, 1831 et suiv.; Cornpendium der christlichen Dogmengeschichte, 1840 et 1846.

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