S. Kpipu., llaer. xuf
3. S. f!!F.x., Adv. haer., 1, 27, 2; HI, 2, 2; Tep.tull., Adv. Marcion., I, 20; iV, 3.
4. S. luEX., Adv. haer.,\, 27, 2; ïertuli.., Adf. Marc, l, 6; II, 20-26j etc.; AuAjîASnus, 1, lO-S!.'.
208 LA THÉOLOGIE ANTENICEENNE.
le monde ne le regardât pas, puisque ce monde n'était pas son œuvre, il a voulu néanmoins, par pitié, le secourir ^ .
C'est en Jésus-Christ et par Jésus-Christ que se manifeste le Dieu suprême. Jésus-Christ est l'Esprit sauveur [Spir'itus salutaris) ^. Quel est au juste son rapport avec Dieu? Marcion ne le définit pas rigoureusement : ordinairement il identifie Dieu et Jésus ^. En tout cas, Jésus ne réalise nullement les traits du Messie donnés par l'Ancien Testament; il n'a rien du guerrier annoncé qui devait établir le règne du Dieu juste''. Son corps d'ailleurs n'a été qu'apparent; il n'a rien emprunté à l'œuvre du démiurge — ledocétisme est strict^
— ; il n'a pas même passé par Marie comme par un canal ; brusquement, la quinzième année de Tibère, le Christ a paru en Judée, sans avoir semblé naître et grandir*'. Sa prédication a été une perpétuelle contradiction de la Loi, des Prophètes, de toute l'économie du démiurge ''. Aussi ce dernier ne lui pardonne-t-il pas, non plus que ses partisans. Jésus est saisi et crucifié. Chose singulière ! Marcion qui enseignait le docétisme accorde
— sur l'autorité de saint Paul sans doute — à la mort de Jésus une signification et une valeur particulières pour notre Rédemption. Le Dieu bon nous achète du démiurge^. Puis le Sauveur descend aux enfers afin d'y prêcher l'Évangile et d'y annoncer le salut. Mais les justes de l'ancienne loi, Abel, Enoch, Noé, etc., le supposant envoyé par ce démiurge qui les a si souvent