‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 56 sur 1102 · TEiiTULL., Adv. Marc, V · texte numérisé non relu

TEiiTULL., Adv. Marc, V

LEri HÉRÉSIES DU II' SIECLE. 209

tentés, ne répondent pas à son appel. Seuls les méchants, Caïn, les Sodomites, les Égyptiens écoutent sa parole, et sortent avec lui des enfers * .

La prédication de Jésus-Christ devait être continuée sur la terre par les apôtres, mais, on l'a dit, ils ne l'ont point comprise : elle n'a trouvé d'interprète véridique que saint Paul. En y adhérant nous sommes justifiés et faits enfants de Dieu 2; il s'y joint toutefois, en pratique, une morale sévère. Marcion donnait l'exemple de l'austérité [sanctissi/nus magister^), et imposait à ses disciples un ascétisme rigoureux, l'abstention des plaisirs, la mortification de la chair, la privation de certains aliments, et surtout la continence et le célibat. Ils devaient vivre auvraXa^Trcopot jcal ffuufjLi(iou,u.evot, commlserones et coodihiles dans le monde, et souffrir courageusement le martyre, s'il le fallait '. A cette condition seulement, ils éviteraient le feu du démiurge qui, à la fin des temps, dévorera ceux qui se perdent — et c'est le plus grand nombre^. Ici, Marcion tronquait nécessairement l'eschatologie chrétienne : la résurrection de la chair, la parousie, le jugement proprement dit étaient supprimés. Le Dieu bon ne punissait pas précisément les méchants : il les écartait simplement de lui, et ceux-ci retombaient dès lors en la puissance du démiurge qui les châtiait^.

Telle était la doctrine de Marcion. Elle était accompagnée, on l'a vu, d'une critique hardie de l'histoire des origines chrétiennes et des écrits apostoliques.

Page 1