‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 57 sur 1102 · Tertull., Adv. Marc, I · texte numérisé non relu

Tertull., Adv. Marc, I

6. S. IRÉN., Adv. haer., I, 27, 3 ; Tertbll., Adv. Marc, 1, 27 ; Adamantius II, 4-8.

210 LA THÉOLOGIE ANTENICÉENNE.

Marcion repoussait l'exégèse allégorique, et par là même tout l'Ancien Testament dont elle lui semblait pouvoir seule justifier l'économie. Du nouveau Testament il conservait seulement l'évangile de saint Luc, dont il retranchait cependant la généalogie du Sauveur et où il pratiquait de nombreuses coupures ' , et dix épîtrcs de saint Paul (les Pastorales et l'épître aux Hébreux exclues) dans lesquelles il supprimait également ce qui était à ses yeux des interpolations postérieures. Enfin, 1 avait composé lui-même des Antithèses ^ où il avait mis en relief les oppositions delà Loi et de l'Évangile, de la Nature et de la Grâce, du Dieu juste et du Dieu bon, et qui, jointes aux épîtres de saint Paul et à l'évangile mutilé de saint Luc, constituaient les livres autorisés, le canon du marcionisme.

Ainsi équipé à la légère, celui-ci se répandit rapidement et fit des recrues en grand nombre 3. La sévérité même de sa morale lui valut des partisans en un temps où la juste mesure en cette matière n'était pas toujours aperçue. Marcion, du reste, était un esprit organisateur et pratique. Chassé de l'Eglise, il fonda lui-même ouvertement des églises indépendantes, avec une hiérarchie calquée sur celle des communautés orthodoxes''. Elles eurent leurs martyrs^, et témoignèrent d'une force peu ordinaire de résistance aussi bien aux tentatives des missionnaires catholiques

i. s. IRÉN., Adv. haer., I, 27, 2; Tertoll., Adv. Marc, IV, 2, 3, 4. Marcion l'appelait simplement evaYyé/.iov Kuptou : on lui donnait aussi le nom 6'Évangile de Marcion. La meilleure restitution qu'on en ait laite, aussi bien que de son Apostolicum, est celle de Zahn, Geschichie des neutest. Kanons, II, 2, pp. 409-529 ; cf. I, 2, pp. 585-718.

2. 'AvTi8É(jei: ; Tertull., Adv. Marc, I, 19; II, 2S, 29; IV, 1, 4, 6; Phi. losùph., VII, 30. On en a un essai de restitution par A. Hahîj. Antithèses Marcionis gnostici, Uegiomonti, 1823.

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