Tertullien, Adv. Praxean
2. Saint Optât, Contra Parmenianum, I, 9. Saint Augustin, De haeresibuSjSG.
3. EusÈBE, H. E., V. 16, 20-22. — Dans certaines Églises raltacliées au monlanisme, un oracle de Quinlilla ou de Priscilla donna lieu à d'étranges coutumes. La prophétesse avait vu en songe le Christ, sous forme de femme, descendre vers elle et lui communiquer la sagesse. On en conclut que les femmes pouvaient, comme les hommes, entrer dans le clergé et exercer les fonctions liturgiques. Sept vierges habillées de blanc se présentaient à l'assemblée avec des lampes allumées, et, comme violemment agitées par le Saint-Esprit, exhortaient le peuple à la pénitence (S. Épiphake, Haer.xux, i, 2). — Les montanistes furent accusés au iv« siècle d'immoler un enfant dont on tirait le sang dans les saints mystères (Philastrius, 49; S. Épiph., Ilaer. xlvui, 14). S. Jérôme, qui rapporte cette accusation (Epist. .XLI, 4), n'y veut pas croire, et rien en effet ne la justifie.
4. Hist. eccles., II, 32. Il remarque ailleurs (YII, 18) qu'une de leurs particularités était de célébrer toujours la fête de Pâques le huitième jour des ides d'avril ou le dimanche suivant, si ce jour n'était pas un dimanche.
LES HERESIES DU IP SIÈCLE. 22t
Une réaction, qui donna dans l'erreur opposée à la leur, paraît d'ailleurs s'être produite contre eux, en Asie Mineure, presque aussitôt après leurs premiers éclats. Saint Irénée {Adf^. Haer., m, 11, 9) connaît des gens qui, pour ne pas admettre les manifestations du Saint-Esprit,repoussentrévangilede saint Jean où cette effusion est annoncée. En rapprochant ce texte des données de saint Épiphane {Haer. li) et de Philastrius (60), on incline à voir dans ces dissidents les aloges, dont l'origine remonterait ainsi aux années 170-180 ^ .
Ce que rapporte d'eux saint Epipliane est fort simple 2, Ils rejettent l'Évangile et l'Apocalypse de saint Jean et attribuent ces deux livres à Cérinthe, prétendant qu'ils ne sont pas dignes d'être reçus dans l'Église (3) ; dès lors ils rejettent aussi le Logos prêché par l'apôtre (3, 18), et à cause de cela méritent Lien le nom d'aXoyoi [sans raison, 3). Saint Épiphane ne suppose pas cependant que l'éloignement qu'ils montrent pour le terme Xo'yoç entraîne chez eux la négation de la personne du Fils — au contraire, il témoigne qu'ils sont généralement d'accord avec l'Église — ; ni même que leur refus de reconnaître le quatrième évangile et l'Apocalypse vienne d'un esprit anti-montaniste : on tire cette dernière conclusion plutôt de la comparaison de sa notice avec le passage de saint Irénée.
Par contre, cet esprit semble très clair dans le cas du prêtre Caius qui, un peu plus tard, vers l'an 210,
i. Sources : S. Irénée, Adv. haer., m, 11, 9. Philastrius, GO. S. Épiphane, Haer. li. Ecsèbe, H. E., ni, 28, 1. — Travaux : Zahn, Geschickte des neutestamentl. Kanons, I, 2SÎ0-262. Harnack, Dos Neuc Teslament um das Jahr 200, Freiburg i. B., 1889. Corssen, Monarchianische Prologe zur den vier Evangelien, Leipzig, 1896. Rose, Aloges asiates et romains, dans la Revue biblique, t. IV, 1897. Les ouvrages sur le montanisme.
2. Saint Épiphanea dû puiser ses renseignements dans le Syntagma de saint Hippolyte, et dans un autre ouvrage, probablement du même auteur, spécialement dirigé contre les aloges (Harïsack, Lehrb. der DG., I, p. 708, note 1).
222 LA THÉOLOGIE ANTJBiSJGÉENNE.
rejetaeit ûCrR pas. l'Évangile mais rApoeaiypse de saint J«an, ea-F c'est daaîs un êani eoûlre les aatonitanistea qu'il av^it S&r mule cettei opinion ' .
On ne saurait, en tout cas,, s'aulopiseu de« ces faits pour aSiEmer que la Ganoniciiié du quatrième évangile n'était pas encore reconnue vers; les années 17G-180. Pour rA.poGaly:ps% la. q^uestion esfcurtpeu difféïeiii» : on n'ignore pas que ce livra,, reçu, diepais longtemps alors eu Occideuit,, eut quelicpe peine à eatrer défînit^ivement dans le canon des Églises grecques 2.
§ 8. — Le miUiénaiisme s.
C'est ici le lieu de. dire un mot de cette erueur fort répandue aux ut" et ui^ siècles,- mais qui n,'dut jamais le caraeJère d'ua euseigiiement fixe et autorisé.
Le. millénarisme est un legs du. judaïsme. Les iuife atten4aient, comme on. le sait, un. règne- temporel du Messie àont on. fixait quelquefois la durée à 1000- ans. Jésus n'ayant pas; réalisé cette, attente à son, premier avènement,, heanicoup. de chrétiens, ea reportèirent l'objet au; second. Le Fils de l'homme glorieux, devait descendre sur la terre,, régner pendant mille- ans. avec les justes sur une Jérusalem renouvelée ; après quoi viendraient, la résurrection générale,, le. jugement et la fm des choses, la félicité éternelle des élus, l'éternelle damnation des impies. Cette opinion, remarquons^, le bien, supposait que la rétribution qui suivait la niort n'était que pro\T:soire, la rétribution définitive étant réservée après le jugement dernier.
1„ ECSBBE, R. E., ni, 28, 1; cf; II, 23). 6.
2,. EcsKBE, H. E., m, ih dT;.2'3„t.>i; YH,. 25»,
3. Atzberger, Geschich'e der chrisllichen Eschatologie innerhalUder vûrmcânischen 2ci<'i,,l"Eeiburiïim;B., 1896. Teauy, Riblic Apoealyptics, .KevY-York, 1898. Y. EnstoNi, Les phases- suceessives de- l's7-reur nuilUna- TîsJeKdans \& Revue des Questions. hi&iQriqjues,A. LXX;, 190U Guy, Le millénarisme dans ses origines el son développeijmnt, Hajsis, 100*
EB9= HBRBSIIS DH' II"' SliiGLB: 223
C'é'sttà pauippès' oê qiii' s& lit dans FApocalypse', et M nejfôuRpïis- douter^ que-lfe^ raillënarisme' ne^ doive- en gTaadfe^partxe. à cet' ou'vra'ge^ inte^préfé^ d'une- iaçon tmp'élToitë; là' ËiveuY' dbnl? iP jouit; Gert^ihs^ caîbuls, Msésî sut loi? dbnnées Biîjirqueff, et f&ant. Ifes; %es' du nrand'ef et îeuT'eBnsonmrfFtion', n-y fÙTent -pas non'pllis probabiteHient? éfpaîngers.
Cépintlie) le- prenïier', est" accusé pac le? prêlreCaius e1^pa«?*IDefnyB-d'AltexànxiH(3' d^avoiï' sant'eniïle'miirënapisnïev et eïî dbnnant aux' jbuinsaïfcies' dif mMenîum lêupsens'^feîpîus gFossiep^ Mua tleard- les^ raontanistes en flren* fe' sujet. hafeitueL ^éf^le^rs prédicaîiioas^.
Mais en dehors de ces doeteups- pliiS" eru' m'oins^ sus^ peetSj nous 16» voyHDns ffceaepté par- dfes dcrivaiiis; dont i^OiPtlïejdbxie' n?eB<f point' db'utefffsç' : Pâpfaset rEfpître d3g'Bfe:ma;MèGfa* i£- a dëjâ' éM- question; saint Justin qui en* éeafptff, dé par F^utopâë-d'è saiiif Eue (xx; -35, W\\ Ifes jouâs'sancB»' sexireifes-', maisi d-afllfeurs- ihvoqtFe; ponp-en éFtaMlr Féxifffence, les- textes d*Fsaïè et dë^ FApeealypse ^; saint' Irëhée^ qui l'hdbpte avec empressenrent eomme* un argument eontre- l'es- gnos^ ti'ques' en fiàfveiH" db^ la- résurreefîbtr (fe- la- cftair,. et traite feufl uniment d^Haeretibos senstcs- m- se Kaèeniî&5 eeaîc qui' pensent que les^ âm«s ë&s jusUfôs remontent) inïm^diàtbnïent vers- Dîbu' après- la mortel II est ppoËa'bie q«e' le miîléharism'e prévalait surtout dans l'i^Èsie^ant^rienre oiî s'était Conserve^plii-s vif' Ie= souvenii?, dé' saint Jean'. Saint Irenée en' venait, et lés'montanistes n'en étaient pas loin. Oa y peut, rattacfc,er Metfeoàius. d'Olym.pe'' efe ApoUinaii?^ dé Laudicéc^^.