‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 65 sur 1102 · S. Basile, Epist. CCLXIII · texte numérisé non relu

S. Basile, Epist. CCLXIII

224 LA THÉOLOGIE ANTENICEENNB.

L'Egypte n'échappa pas complètement à l'erreur. Dans la première moitié du m® siècle, nous y trouvons celle-ci soutenue par un évêque, Népos, sous sa forme la moins spiritualisée, dans un ouvrage intitulé 'EXeyx.o; àXXr/YopicrTwv, et par un certain Coracion ayant avec lui des Églises entières ^ Quant au reste de l'Afrique, l'autorité de Tertullien contribua probablement à l'y répandre et à l'y maintenir. Elle s'étale tout au long dans les poèmes de Commodien^ et, au commencement du iv^ siècle, dans les Institutions divines de Lactance^. En Styrie, vers la même époque, l'évêque Victorin de Pettau (-]- 303), au rapport de saint Jérôme'', la professait aussi.

II s'en faut cependant que l'opinion millénariste pût être donnée comme l'enseignement de l'Église, et nous voyons de bonne heure de vigoureuses protestations s'élever contre elle. Saint Justin ne fait pas difficulté d'avouer que beaucoup de chrétiens orthodoxes ne l'admettent pas^, et saint Irénée le suppose aussi, car les gens qu'il Q,ovûb?i\ piitantuj^, dit-il, 7'ecte credidisse [Adv. haer., v, 31, 1). Au début du iii^ siècle, le prêtre Caius en est, à Rome, l'adversaire décidé*, et Origène^ commence contre elle une campagne que son disciple, saint Denys d'Alexandrie, mènera avec entrain^. Le grand allégoriste n'était pas embarrassé pour expliquer les passages de l'Ecriture qu'on lui pouvait objecter, et il avait bientôt fait de traiter d'esclaves de la lettre [solius litterae discipuli) et de ju-

\. EusÈBE, H. E., VIJ^ 2i.

2. Carmen apologetîcum, vers 975 sqq. ; Jnslrucliones, II, 3, 39.

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